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lundi 15 mai 2017

The Ketchup Effect.

Non, je ne viens pas vous parler de cette vidéo où un jeune homme apprend à ses dépens qu'il faut bien choisir ses métaphores mais de GASPILLAGE.


J'étais il y a deux semaines dans ce que j'appelais un peu ma "deuxième maison" quand j'habitais encore à Paris : Disneyland. Le temps a été plutôt clément avec nous, la journée s'est bien passée, bref, on en a profité, comme toujours.
Vers 13h30, la faim se faisant sentir, nous nous sommes posés au Fuente Del Oro. C'est un peu notre cantine : la terrasse est agréable quand le soleil pointe le bout de son nez, le menu n'est pas trop cher et la bouffe plutôt bonne, si bien qu'on y squatte en général un bon moment. Après avoir terminé notre repas nous avons, comme tout le monde, amené nos petits plateaux jusqu'aux poubelles, vidé nos panières et redonné au restaurant les sauces non utilisées.

Ah, non. Pas comme tout le monde si j'en crois le regard atterré que m'a lancée la serveuse quand je les ai posées sur le comptoir. Sans parler du fait qu'en une heure de temps à déguster nos Fajitas tranquillement, je n'ai vu personne faire la même chose.

C'est une habitude que j'ai prise partout (Disney et autres fast food en tout genre) sans me poser de questions. Mais la réaction de cette serveuse m'a fait me demander combien on en retrouverait si on prenait tous les sacs poubelles de tous les restaurants à la fin de la journée. Alors faisons un rapide calcul à la (grosse) louche :
Disney accueille chaque jour en moyenne 40,000 visiteurs. En étant sympa, car je sais que certains s'amènent leur petit sandwich et autre paquet de chips, on va partir du principe qu'au minimum la moitié mange dans l'un des nombreux restaurants du parc, soit environ 20,000 personnes.
Sur notre plateau, il y avait : 3 Guacamole, 4 Ketchup et 4 Mayonnaise. Nous avons consommé 2 Guacamole, 2 Ketchup et 2 Mayonnaise mais tous les restaurants ne donnent pas de Guacamole, nous garderons donc simplement Ketchoupi et Mayo, les supers potes des petits et des grands enfants.
D'aucun me diront "Oui, mais certaines personnes utilisent tous les sachets". Certes. Mais en moyenne, j'aime autant vous dire que si vous utilisez les 2 Ketchup et les 2 Mayo que l'on vous donne par personne, vu les quantités, vous n'allez pas manger des frites à la sauce cocktail mais de la sauce cocktail aux frites (et le fait de ne comptabiliser que la moitié du nombre de visiteurs journaliers compensent également les adorateurs).

And now, Ladies and Gentlemen, la multiplication (ce truc dont vous avez un vague souvenir du collège quand il s'agit de savoir ce qui prime dans le calcul) : 20,000 personnes x (2 Ketchup + 2 Mayo) = 80,000 petits sachets.
Multipliez ça maintenant par le nombre de jours par an : oula, j'ai la tête qui tourne en lisant le résultat... 29,200,000. Oui, oui. Même pour les plus sceptiques d'entre vous, que l'on réduise le nombre de personnes ou le nombre de sachets ou même les deux dans le calcul, c'est bien en MILLIONS que cela se compte puisque la moyenne annuelle de visiteurs est de près de 15 millions.
Et donc également en milliers de tonnes de tomates, sucre, oeufs, huile, moutarde et j'en passe sans oublier l'aluminium et autres plastiques et produits chimiques.

Ajoutez à cela des McDo, Quick, Burger King et autres endroits que nous n'avons pas en France, imaginez cela à l'échelle mondiale et...
Pardon, je me suis évanouie un instant.


Bref. Tout cela pour vous dire, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs...
S'IL VOUS PLAIT, REDONNEZ VOS PUTAINS DE SAUCES ! Ça fera moins de gaspillage et des économies. Car oui, au bout du compte, en tant que consommateur, vous serez toujours celui qui paie la compensation.

mercredi 29 juin 2016

Steak de Tofu.

Sans vouloir manquer de respect à qui que ce soit...



Oui, je suis utopiste. Oui, j'emmerde les gens. Oui, je me fais souvent l'avocat du Diable et ça ne plait pas à tout le monde. Oui, je l'assume.
Non, je ne deviendrai pas végétarienne, végétalienne, antispéciste ou peu importe le nom que vous voulez lui donner. Oui, je l'assume aussi.
Je l'assume car comme je le disais plus haut, je suis utopiste. Mais être utopiste ce n'est pas être extrême. Etre utopiste c'est imaginer un monde où l'équité a sa place. Et je dis bien équité, et non égalité. Vouloir l'égalité ce n'est finalement vouloir qu'un fourre-tout qui ne permette rien de plus que de mettre tout-le-monde dans le même panier pour que tout-le-monde soit content, sans aller plus loin. L'équité, ça force à réfléchir un peu plus pour se poser les bonnes questions. Forcément, ça complique la tâche.

 
©Libération


Mais revenons en à nos légumes-moutons. Non, je ne serai pas végan-whatever.
Bien que je trouve tout à fait louable qu'on ne veuille plus manger d'animaux pour leur éviter une souffrance réelle et largement démontrée dans de nombreux cas, j'ai du mal à voir le but final de la manœuvre à moins que la planète entière devienne non-mangeuse-de-viande (ce qui, soyons parfaitement honnêtes, n'arrivera jamais). Même quelques centaines de milliers d'antispécistes sur une population de plus de 7 milliards (9 d'ici 30 ans, rappelons le) ne suffiront pas à casser la balance des lobbies agroalimentaires. Et quand bien même ce serait le cas, il est peu probable qu'une rupture brutale se fasse. Il faudra de longues années pour arriver à un tel résultat et cela ne se fera pas sans qu'on réduise petit à petit nos productions de viandes tout en augmentant nos productions végétales et céréalières. Sinon, que faire des millions de pauvres bêtes en liberté qui continueront de se reproduire sans contrôle ? Les tuer ? Pour en faire quoi ? Les manger ? Non, on a dit qu'on les mangeait plus. Ah. Dilemme.
Car finalement, le problème ce n'est pas ce qu'on mange mais comment on le produit et comment on le consomme. Pendant que le lion regardera tranquillement passer le troupeau de gazelles une fois repu, l'humain remplira ses placards et son frigo et en jettera une bonne partie.

Je ne deviendrai pas antispéciste car cela voudrait dire que j'abandonne tout espoir que le monde peut changer. "Mais si plus personne ne mange de viande, cela voudra dire que le monde aura changé" me direz-vous. Oui. Mais non. Cela voudra seulement dire qu'on sera passé d'un extrême à l'autre sans chercher les solutions au milieu. Et moi, c'est justement les solutions au milieu qui m'intéressent.
Reprenant le principe de base que même si l'on voulait tous devenir antispécistes il faudrait des années pour y arriver, pourquoi ne pas simplement appliquer les idées sans pour autant tous devenir antispécistes ? Comment, de "engloutisseurs de barbaque incontrôlables qui laissent crever 4/5 de sa population tout en l'exploitant" on passe à "gentils humains respectueux de la biodiversité qui ne produiront plus des milliers de tonnes de bouffe qui finiront à la poubelle tout en s'occupant des 4/5 de laissés pour compte qui pourraient largement être nourris sans être exploités" sans passer par la case "on bouffe plus de viande".

Alors, comment ?

vendredi 29 avril 2016

Précarité.

Ou comment la France aime et encourage tellement ses étudiants qu'elle les maintient sous le seuil de pauvreté.

 

Hier, j'ai pris une décision : retourner sur les bancs de la Fac, comme la petite étudiante que j'étais il y a encore 10 ans. Mais depuis j'ai travaillé et j'ai surtout vieilli. Je ne suis plus une jeunette qui vient de passer son BAC et formule ses vœux sur le nouveau portail APB (Admission-postbac, ndlr), comme me le rappelle d'ailleurs gentiment le site en m'informant que vu mon parcours atypique, il vaut mieux "voir directement avec l'établissement visé".

Ma situation n'étant pas des plus stables en ce moment (recherche de boulot, bagarre avec Pôle Emploi, attente interminable de la CAF et autres joyeusetés), il était bien naturel que la suite de l'aventure m'amène à voir comment financer cette décision.


Ni une, ni deux, je charge mon ami Google de me filer un coup de main.
Quelques "bourses" (trop vieille), "RSA étudiant" (impossible), "Prime d'activité" et le tout combiné "étudiant salarié prime d'activité/RSA" plus tard, le couperet tombe : reprendre des études passé 26 ans quand t'as un loyer à payer "Mais quelle idée, nous allons t'en dissuader voyons, il fallait y réfléchir avant".

Autrement dit, reprendre des études à 30 ans, c'est savoir d'avance que tu vas vivre dans la précarité pour toute la durée de ton diplôme, et le tout dans la joie et la bonne humeur en te crevant la santé plus de 60 heures par semaine. Et ça, si bien-sûr tu as réussi à justifier au juge pourquoi tu ne voulais pas intenter un procès à tes parents pour les forcer à te verser une pension alimentaire quand t'as rempli le Cerfa pour avoir droit à la Prime d'activité.
Prime d'activité qui, bien évidemment, ne te sera versée que si tu travailles et touches au minimum 893,25€ net par mois. Ce qui ramené au taux horaire du SMIC correspond à peu près à 78%, soit 27h par semaine (un peu moins pour les chanceux qui réussissent à négocier un taux plus haut). Ajoutons à cela les 25 heures de cours et les heures passées à bosser, réviser...
Et tout ça, sans compter que comme tu n'as pas droit aux minima sociaux seuls, tu peux dire "Adieu veaux, vaches, cochons, complémentaire santé, transports gratuits et réductions diverses". Tu peux aussi presque dire adieu à tes APL car vu ce qu'il en reste, ils ne te verseraient plus rien que ça ne changerait pas grand chose...
Oh pardon, j'allais oublier. On est bien d'accord que ça c'est la version la plus enviable, voire idyllique de la situation ? Parce que soyons honnête, trouver un employeur qui accepte de te faire un planning au poil avec tes horaires de cours mais avec autant d'heures et de trous... C'est quasi mission impossible. C'est bien simple, en France cela ne représente que 12% des étudiants dont une grande partie "par défaut" puisque 78% du SMIC, c'est ce que touche un apprenti de plus de 21 ans en 3ème année. Les autres se partagent les miettes.
Sans oublier qu'à 30 ans, t'es censé devenir actif, réaliste, avoir un peu plus les pieds sur terre... Mais non ! Toi tu es un artiste, un vrai, un pur, et tu as l'audace de vouloir te former à un métier qui ne t'amènera que plus de précarité accompagné d'un statut sans cesse remis en cause : Intermittent du spectacle ! Tu parles d'une hérésie ! Non seulement tu veux reprendre des études mais en plus tu commets l'impair de ne pas choisir une formation qui débouche sur un secteur qui recrute, d'avoir des Rêves... Prépare toi déjà à en chier encore plus avant même d'avoir commencé.

Certains se diront "Oui, mais quand même, la France est généreuse, dans d'autres pays il n'y a pas tout ça, on devrait déjà s'estimer heureux". Et je serai d'accord, dans l'idée. Oui, ailleurs il n'y a pas tout ça. Mais ailleurs ils font avec d'autres problèmes et d'autres solutions. Cette comparaison permanente pour savoir quel pays a le meilleur taux de ceci, les meilleures solutions à ça, m'agace. Je ne vois pas pourquoi on devrait se contenter de ce qu'on nous donne et qui ne fonctionne pas sous prétexte que d'autres ont encore moins. Quand on vit dans le pays qui s'autoproclame "Pays des droits de l'Homme", prônant "Liberté, Egalité, Fraternité" sur les frontons des mairies, on s'attend à un minimum. Et on déchante vite quand on se rend compte que chaque décision est soit disant prise pour la majorité mais qu'on y rajoute tellement de conditions d'âge, de revenu, de temps de travail, de composition du foyer, de si vos parents vous donne une pension, de si vous avez une épargne et autres conneries en tout genre, qu'au final, plus de 80% sont laissés sur le bord de la route. Elle est belle la France. Elle est grande la France. Elle aide son peuple la France. Mais elle choisit qui est ce peuple.

Comme dirait Sarko, faut vraiment "avoir rien dans le cerveau".
Oui, pour rêver et espérer un meilleur avenir, un avenir qui nous plaise, nous motive, nous inspire, nous [r]éveille, nous épanouisse, qu'on a décidé, choisi, assumé et qu'on ne subira pas, il faut vraiment être con au point de croire qu'on a encore le choix...

Et moi, je suis la reine des Connes.

mercredi 15 juillet 2015

Hadopi par ci, Hadopi par là, Hadopi par ci...

Depuis des années, j'entends tout et n'importe quoi à propos de notre "superbe" loi Hadopi, finalement devenue Hadopi 2.0 pour "revoir" son fonctionnement. Et sans grande surprise, en fait rien n'a changé.

Pour moi, Hadopi est l'exemple le plus parfait et le plus flagrant du mode de fonctionnement de notre pays : Répressions plutôt que Solutions. La France est décidément Reine dans ce domaine. Je n'ai jamais vu un pays mettre autant d'énergie à courir après les gens pour les punir au lieu de chercher des idées pour faire évoluer les choses. C'est à croire que malgré le passage marquant à l'€uro en 2000, les politiques n'ont jamais réellement imprimé qu'on était entrés dans le XXIème siècle, Ère nouvelle du Numérique et de la Mondialisation.

Je ne suis ni pour ni contre cette loi. Je comprends bien que les artistes, producteurs et autres y perdent et que l'argent doit venir de quelque part. Ce qui m’écœure et m'attriste, c'est qu'au lieu de se battre aux côtés d'Hadopi, ils devraient plutôt se battre pour que le Gouvernement trouve des solutions ou même y réfléchir et en proposer eux-mêmes, car après tout, ils sont les premiers concernés. Et Hadopi n'est définitivement PAS la solution aux problèmes. Revoir les délais de diffusions, proposer une offre légale plus fournie, réfléchir à comment récupérer l'argent sans punir... CA, ce serait un bon angle d'attaque. Personnellement, je ne serais pas contre payer 5€ de plus sur mon abonnement Internet tous les mois si je savais qu'un service sérieux centralise tous les téléchargements pour redistribuer au prorata l'argent aux ayants droits et aux détenteurs des serveurs. Si ça pouvait éviter qu'on vienne m'emmerder avec un mail parce que j'ai téléchargé quelque chose (et que mes impôts servent à autre chose de plus constructif que de payer une personne pour envoyer ledit mail)...
Je trouve ça dingue que dans un pays comme le nôtre, qui prône si fièrement ses recherches et innovations technologiques, médicales, sociales, etc. à travers le monde, la politique soit encore un tel merdier archaïque et trop attaché à ses foutues traditions qui ne regarde jamais plus loin que le bout de son nez (ou devrais-je dire que le quinquennat) alors qu'il y a tant à faire.

Aujourd'hui, on consomme la Culture comme on consomme un paquet de Chips. Les fabricants de Chips se sont adaptés, la Culture devra le faire aussi.

mardi 7 juillet 2015

Ekri moua 1 teksto.

"Moi un texto".
Non, c'était pas ça ? Mince, euh... Attendez. Je réfléchis deux minutes et on y revient. Ou alors je ne sais plus lire. Enfin, j'essaie de déchiffrer, quand j'y arrive. Parce que la plupart du temps, j'abandonne avant d'arriver au bout.

Revenons quelques années en arrière, si vous le voulez bien.
Fin des années 90, début des années 2000, le téléphone portable entre dans les foyers français. Comme pour internet, les forfaits ne sont clairement pas avantageux. Limités en temps, en caractères, en nombre d'appels et de SMS, il nous a fallu trouver des subterfuges pour en profiter le plus possible en payant le moins possible. Je me souviens encore de mon vieux Nokia et de ses cartes de rechargement Itineris (non, je vous rassure, je vous capte très bien en ce moment) que j'allais chercher au bureau de tabac.
J'étais une vraie pro en écriture de textos, pas besoin de regarder le clavier, ça se faisait tout seul et je pouvais même vous taper la discut' en même temps. Alors bien-sûr, moi aussi je m'y suis mise à ce fameux "langage sms", pas le choix. Mais heureusement pour nous, tout ceci s'est rapidement démocratisé et tout le monde (ou presque) maintenant a la chance d'avoir un forfait illimité pour tout : appels/sms/internet, bref, la totale.

Ce qui m'amène à ceci : je n'ai jamais réellement compris pourquoi ce langage, impossible pour moi à décrypter à l'heure actuelle tellement les gens imaginent d'orthographes possibles pour des mots pourtant si simples, est encore utilisé de nos jours. Et je n'accepterai pas, mais alors pas du tout l'excuse de "Mé tu kompren ri1, sa fé gagné du tem". Quand on écrit "sa" au lieu de "ça", je vois bien qu'il y a une lacune niveau possessif-démonstratif, mais gagner du temps, non vraiment, je ne vois pas. S'il était encore question de devoir faire attention au nombre de caractères d'un message (excepté Twitter), de devoir faire ça vite parce que la connexion coûte cher ou une quelconque autre raison, passe encore. Mais, sérieusement, vous vous en servez encore d'excuse ? Il n'y a que vous pour croire que c'est valable.

Et dans ces cas là, je me dis "Mais que font les parents ?", et que fait l’Éducation Nationale ? Eh bah, ils font la même chose, tiens ! Tu crois quand même pas que les gamins ont découvert ça tout seuls, ils sont nés avec un forfait illimité dans les mains ! C'est juste convenient comme disent les anglo-saxons. Ça les arrange bien, quoi. A tel point qu'il a même été proposé à un moment d'accepter en partie le langage sms à l'école car les gamins avaient de trop mauvaises notes à cause de leur façon d'écrire. J'ai pensé, en cet instant, que la France avait vraiment touché le fond. Heureusement pour nous, cela n'a jamais été plus loin que la proposition.

Finalement, le langage sms n'est utile qu'à ceux qui ne savent pas écrire français : sa cache lé fotes.

lundi 6 juillet 2015

Poison Présidentiel.

Je termine à peine la dernière page que déjà l'envie d'écrire me prend.
Je ne suis pas une pro de la politique, je ne suis pas non plus "pro-politique", et comme je l'ai déjà avoué il y a quelques semaines, en fait cela ne m'intéresse même pas. Ce qui m'intéresse réellement c'est ce que les gens pensent et osent dire ou non à ce sujet.

Je savais depuis bien longtemps qu'on ne peut pas toujours contenter tout le monde, que s'il n'y a pas de compromis ni de concessions, rien n'avance et je voulais bien faire l'effort de me dire que finalement, les décisions de notre cher Gouvernement devaient être bloquées par telle ou telle raison absolument quelconque. Ce que je ne savais pas, en revanche, c'était à quel point notre Président est puissant et que son élection au suffrage universel ne date en fait que de 1962. Maintenant que je le sais, cela ne fait que renforcer mes idées quant à la façon dont est gérée la France.

Comme le dit si justement Ghislaine Ottenheimer dans son livre, que peut-on attendre d'une Vème République mise en place "à la va-vite" pour répondre à un besoin momentané quand on voit à quel point le monde a changé ces cinquante dernières années ? Je me dis qu'il n'y a bien que nos Politiques pour ne pas s'en rendre compte.
En 2014, Manuel Valls lance fièrement : "Je ne me retrouve pas dans ceux et celles qui proposent de changer nos institutions, le vieux débat du passage à la VIème République, d'enlever des pouvoirs du Président de la République alors que les Français pensent au contraire que c'est la véritable élection qui leur permet de choisir le destin du pays." Et si on se posait cinq minutes, qu'on réfléchissait un coup pour de bon, et qu'on réalisait enfin qu'on nous prend pour des jambons. Mais des gros hein, pas le cuissot du porcelet qui vient de naître, non, le bon gros jambon que vous voyez accroché derrière l'étal de votre boucher le dimanche. "La véritable élection". S'il était complètement honnête, il aurait pu tout aussi bien dire "la seule élection", car soyons sérieux, ce n'est pas comme si on nous proposait une meilleure alternative. Et j'entends déjà d'ici les "Non, et les législatives alors, le Parlement ça compte pour du beurre ?". Eh bien oui, ça compte pour peanuts. Vous pensez encore sérieusement que le Parlement décide de quelque chose ? Que neni. Il a encore son mot à dire sur la question, certes, mais si le Président dit "Non", c'est non, et si le Président dit "Oui", alors c'est oui.

Nous sommes le seul pays qui, sous couvert de république et de démocratie, soit encore en fait une monarchie et l'a toujours été. Un seul homme providentiel, un sauveur, sacrifiant tout pour son pays et qui décide de tout, tout seul, dans sa tour d'ivoire, coupé du monde et des réels problèmes de son peuple, entouré de sa cour satisfaisant ses moindres besoins, désirs et décisions.

Le Roi est mort, vive le Roi.


Poison Présidentiel - Ghislaine Ottenheimer, éditions Albin-Michel, 2015.

jeudi 25 juin 2015

Françaises, Français.

Je vous ai...

Non, je ne vous comprend plus. Ou plutôt : je vous comprend trop bien et c'est ce qui me fait peur. Je ne sais plus dans quel pays je vis et pourtant les gens ne changent pas. C'est peut être là qu'est justement le problème.

Je ne supporte plus cet air supérieur que l'on veut bien se donner tout en se plaignant de tout, tout le temps, comme si c'était toujours aux autres de faire le boulot. Finalement, il y a pire que la procrastination, il y a cette manie insupportable de dire "A quoi ça sert que je le fasse si personne d'autre ne le fait ?" qui nous pousse à ne rien faire du tout. Même pas demain, même pas dans un mois, jamais, sans pour autant remettre en question nos douces plaintes perpétuelles.

La France se prend trop au sérieux. Il y a une phrase qui dit : "Ne rêve pas ta vie mais vis tes rêves". En France ce serait plutôt "Oublie tes rêves et s'il te plait, s'il te plaît, sois un gentil petit mouton normal."

"Je suis Charlie" a du plomb dans l'aile, les Taxis fracassent les Ubers, le Gouvernement passe des réformes en force, le Vote obligatoire est remis sur la table, le chômage augmente, le niveau de vie baisse, les marchands de sommeil arnaquent toujours plus, des rêves et des projets sont brisés dans l’œuf, les syndicats foutent le bordel, les grévistes sont dans la rue...
Les sondages annoncent continuellement que les Français ne croient plus en leurs politiques et pourtant, dans un paradoxe que je ne m'explique pas bien, ils attendent que le Gouvernement fasse tout à leur place.
Ah mais non, bien sûr, excusez moi... je n'avais pas compris que c'était pour avoir d'autres bonnes raisons de se plaindre par la suite.

Quand va-t-on enfin se réveiller et comprendre que s'ils ne nous écoutent pas, il arrivera bien un moment où il faudra les forcer à nous écouter ?
Mais encore une fois... Si personne ne le fait, pourquoi le ferais-je ?

samedi 20 juin 2015

Films de Femmes.

Cette catégorie à part du Cinéma.

Je ne suis certainement pas là pour jeter la pierre. Mais quand même, un petit pavé dans la mare de temps en temps, ça ne fait de mal à personne et ça libère d'un certain poids.

Je ne sais pas si je suis féministe. En tout cas pas au sens où les gens l'entendent en général, ça, c'est bien certain. A tel point d'ailleurs que parfois, je dois l'avouer, mon cœur balance. Et quand il s'agit de Cinéma, c'est encore pire : je ne me contrôle plus.
Il y a quelques temps, suite au Festival de Cannes, des Réalisatrices on été questionnées à propos du  machisme et de la place des femmes dans le milieu du Cinéma. Certaines n'en ont pas trop fait les frais, d'autres le vivent bien et assument et d'autres encore se proclament féministes pour faire "bouger les choses". Alors j'ai fini par me demander...

Et si, finalement, la place que les femmes occupent dans le Cinéma n'était que le résultat de la place qu'elles veulent bien se donner ?
Vous savez, comme cette fameuse phrase qui dit qu'on a que l'amour qu'on pense mériter, etc...

Revenons en maintenant à nos Réalisatrices, car c'est le sujet qui m'intéresse ici et que c'est aussi le plus parlant. Après un rapide tour des films français réalisés par des femmes ces dernières années, un triste constat s'offre à moi, résumé très simplement par deux petits mots : Comédie et Drame. Non pas qu'on fasse beaucoup plus dans le Cinéma Français en général, je vous l'accorde grandement, mais quand même, les hommes s'essaient parfois à des petites fantaisies de Genre. Et une autre question se pose alors : en sachant à quel point il est compliqué, en France, d'obtenir un financement pour autre chose, la profession bloque-t-elle encore plus les femmes qui voudraient tenter l'aventure ou bien tout simplement, ne sont-elles pas intéressées ? J'aimerais très sérieusement avoir une réponse un jour car cela me turlupine beaucoup.
Cela me turlupine parce que... bon, si on part du principe qu'elles aimeraient bien mais qu'on leur met des bâtons dans les roues, ce n'est pas de leur faute et en ce cas, la suite n'a pas d'intérêt. Mais par contre, si aucune d'elles n'en a réellement l'envie et qu'elles continuent à dire "Oui, Films de femmes, je vois pas pourquoi on appelle ça comme ça, c'est pas normal, nanani nanana...", là je dis Stop. On ne peut décemment pas se plaindre de quelque chose que l'on provoque. Si elles se cantonnent encore et toujours aux Drames et aux Comédies alors je plussoie : oui, ce sont des Films de Femmes. Certes les hommes en font aussi mais personnellement, je note une très nette différence. Le traitement n'est pas la même, c'est souvent très psycho-social, parfois cliché et le pire de tous : déjà-vu. Aussi longtemps qu'on aura droit qu'à ça, l'étiquette les poursuivra.

Je ne voudrais pas qu'on prenne ce que je dis dans le mauvais sens, elles ont au moins le mérite de faire ce qu'elles veulent et de dire ce qu'elles ont à dire. Mais sérieusement, on pourrait pas un peu se renouveler ? Juste un peu, comme ça, un jour. Allez, on essaie, je vous jure le changement ça mord pas.

samedi 9 mai 2015

Je vais encore me faire des amis.

Hier, j'ai regardé le Replay de On n'est pas couché car samedi dernier je n'ai eu l'occasion de voir que la fin et moi, ce qui me plait le plus dans cette émission finalement, c'est l'invité politique. Pas que je me fous du reste, non, mais quand même. Quoique pour le coup, Caroline Fourest ne m'a pas non plus laissée sur ma faim niveau Connerie. Et la semaine dernière, l'invitée politique était Elisa Di Méo, candidate sortante du PS à la mairie de Fréjus, ville maintenant Front National.

Je dois vous l'avouer, moi qui suis d'habitude plutôt d'accord avec Léa Salamé, me disant qu'Aymeric Caron a plutôt tendance à chercher la petite bête à côté du sujet au lieu de poser des questions de fond, cette semaine, eh bien c'est le contraire. J'ai été très déçue de voir notre chère Léa en arriver à la conclusion simpliste "Interdisez le Front National" et agréablement surprise d'entendre, à l'inverse, notre Aymeric clamer que justement, cette montée du FN devrait pousser les autres partis à se bouger un peu les miches pas contre le FN, mais pour analyser pourquoi et comment ils en sont arrivés là et surtout quoi proposer aux gens pour leur montrer qu'on s'en tape pas de leur tronche. En gros.


Pour remettre les choses tout de suite dans leur contexte, sachez que je suis une très mauvaise citoyenne puisque, à bientôt 30 ans, je n'ai jamais voté et pire, je ne suis même pas inscrite sur les listes électorales. La Politique politicienne qui pourrit notre pays depuis déjà plusieurs années me passe complètement au dessus de la tête, je n'en ai strictement rien à faire et aussi longtemps que ces gamineries et cette peopolisation de la vie politique continueront, je m'en contreficherai tous les jours un peu plus et qu'on se le dise, ça ne me dérange absolument pas. Quel que soit le parti, depuis dix ans, je n'en vois pas un pour rattraper l'autre et surtout aucun pour prendre de véritables décisions. La France est en ce moment une grande plaie béante qui mériterait un traitement de fond et des points de suture sur laquelle le Gouvernement n'est qu'un tout petit pansement ridicule. Voilà donc pourquoi j'ai du mal à comprendre que Léa Salamé n'ait rien de plus intéressant à dire que "Alors interdisez le FN". En fait, j'en ai marre de ces journalistes qui ne prennent que ce qu'ils veulent dans les réponses des gens sans se donner la peine d'écouter ce qu'ils ont vraiment à dire.

Le 24 avril, Frédéric Taddeï animait le débat "Accueillir toute la misère du monde ?" dans son émission Ce soir (ou jamais !) et il était question d'ouverture et de fermeture des frontières, de l'Afrique, des migrants, etc. et l'un des invités (je ne saurais plus vous dire lequel) a eu une phrase qui m'a fait penser à une autre émission sur laquelle je suis tombée totalement par hasard un jour en zappant. Marine Le Pen était invitée à répondre à des questions posées par des jeunes assis avec elle sur le plateau et j'ai pu assister au parfait exemple de ce que je vous disais plus haut. Cette "chère" Marine, donc, a répondu à une jeune fille d'origine africaine qui racontait avoir un diplôme d'ingénieur, qu'elle était très heureuse pour elle mais qu'elle serait plus utile dans son pays. J'en entends déjà d'ici faire "Booouh, vilaine Marine". Mais si vous vous contentiez de ça, vous n'iriez pas plus loin dans la réflexion que ce pauvre journaliste qui n'a rien trouvé de mieux à répondre que "En gros, vous lui dites que vous ne voulez pas d'elle et qu'elle ferait mieux de partir". Ma première réaction a été "Mais quel gros con. Et sinon, en tant que journaliste, tu peux écouter vraiment ce qu'on te dit et te mettre à réfléchir un peu tout seul aussi ou pas ?". Ce raccourci m'a hérissé le poil et maintenant je vous entends d'avance me huer en lisant la phrase qui suit : elle a raison. Oui, je le redis : elle a raison (enfin pas pour cette jeune fille en particulier puisqu'elle devait avoir la vingtaine donc on est d'accord que son "pays", comme dit Marine, c'est la France, pas de discussion possible là dessus). Et juste pour être sûre qu'on soit bien sur la même longueur d'ondes, ça aurait été n'importe qui à la place de Marine Le Pen ça aurait été pareil, je me fous royalement de savoir de quel parti viennent les idées et les propositions. Mais toujours est il que l'Afrique est à l'heure actuelle le pays avec le plus fort taux de croissance annuel : 20%, quand nous avons du mal à dépasser un seul malheureux petit pourcent. La mondialisation est en marche, qu'on le veuille ou non et il va bien falloir se décider un jour ou l'autre à ouvrir complètement nos frontières pour que des gens qui ont envie d'aider au développement de leur pays ne se retrouvent pas entassés dans des embarcations de fortune pour finir noyés dans la Méditerranée et qu'une fois sur notre sol, ils puissent apprendre et s'enrichir afin de rentrer librement chez eux et dispenser le savoir et les compétences qu'ils auront accumulé sans rien enlever à leurs pays d'accueil, bien au contraire. Car le meilleur moyen de limiter l'immigration n'est il pas de les aider à mieux vivre chez eux ? Et quand bien même nous laisserions ces histoires d'immigration de côté : n'est il pas tout simplement normal que chacun puisse avoir la chance de se sentir bien dans son propre pays ?
Pour être totalement honnête avec vous : le Front National en lui même ne me fait absolument pas peur. Ce qui me fait peur, par contre, c'est de constater avec quelle véhémence les autres partis se font un plaisir de gaspiller leur énergie à vouloir descendre le FN plutôt qu'à essayer de trouver des solutions pour revaloriser le leur. Dans toutes les sociétés il y a du bon dans les extrêmes : pousser ceux du milieu à se remettre en question et à prendre du recul sur leurs propres convictions.

Et j'espère que ces quelques lignes vous auront aidé à faire de même.

lundi 12 janvier 2015

#JeSuisCharlie.

Je suis profondément triste, déçue et blessée. Non seulement à cause de ces derniers jours mais aussi à cause de moi-même.

Quand des événements pareils surviennent, certaines personnes ne s'attendent pas à ce que vous décidiez de changer des plans prévus depuis un certain temps pour descendre dans la rue votre crayon à la main. Alors vous ne le faites pas. Et quand le week-end se termine, que lesdites personnes ont passé leur dimanche après-midi à regarder cette Marche Républicaine à la télévision en y allant de leur petit commentaire toutes les cinq minutes sans même remarquer que vous rongiez votre frein dans leur dos et que vous rentrez chez vous, un profond malaise vous envahi. La seule phrase vous martelant le cerveau depuis des heures et des heures sonne encore plus fort et vous vous en voulez d'autant plus que vous auriez DÛ les changer ces putains de plans, tant pis pour le week-end, dans la vie il y a parfois des trucs plus importants !
Mais non. Vous ne l'avez pas fait et vous vous détestez.

Je me déteste.
Je me suis toujours sentie un peu idéaliste légèrement chiante. Le genre de nana qui n'arrive pas à imaginer des histoires qui ne se passeraient pas dans une uchronie, une utopie ou une dystopie. Le genre de nana qui n'arrive pas à écrire des histoires qui ne montreraient pas une autre voie. Bonne ou mauvaise, finalement on s'en fout, le seul et ultime but étant de faire réfléchir.
Et moi, cette nana là, je n'ai pas été foutue de faire la seule chose qui aurait vraiment compté à ce moment précis.
Alors je me déteste. Et en même temps je détesterais encore plus les personnes qui ont le pouvoir de changer réellement les choses si elles ne le font pas. Parce que finalement, c'est bien beau de rassembler 4 millions de personnes à travers la France et encore plus à travers le monde et de nous ramollir les neurones avec des messages et des politiciens en tête de cortège, mais il faut bien se rendre à l'évidence : malgré toute notre bonne volonté et notre motivation à montrer que nous n'avons pas peur et que nous voulons que les choses s'arrangent, nous n'avons strictement aucun pouvoir.
Je ne comprends plus le monde dans lequel nous vivons. J'ai parfois l'impression (même tout le temps en fait en y réfléchissant) que plus notre civilisation évolue, plus les gens deviennent cons. Ou plutôt : plus l'écart se creuse entre les plus intelligents et les moins intelligents. Mais il doit y avoir une explication logique, comme une sorte de sélection naturelle : les intelligents se reproduisent avec les intelligents et les cons avec les cons. Je vois pas d'autre solution. Ou alors faut qu'on m'en trouve une, et vite, parce que là vraiment ça devient plus supportable.

Je le dis, je le clame même haut et fort (puisque le sujet du moment est la Liberté d'Expression) : il faut pas les laisser dans la nature ces gens là. Mais il faut pas non plus les tuer. Je n'arrive pas à comprendre qu'ils aient pas réussi à en avoir au moins un vivant. Et cela me désole. Ils ne méritaient pas qu'on les "libère" après les atrocités qu'ils ont commises. Ils auraient du finir entre quatre murs, sans fenêtre et sans contact avec leur famille ou d'autres détenus pour le reste de leurs jours. Qu'ils se repassent en boucle les images des actes qui les auraient conduit là. Qu'on les harcèle, tous les jours s'il avait fallu, pour avoir le moindre petit renseignement qui pourrait servir à ce qu'une telle barbarie ne se reproduise jamais. Ils savaient qu'ils allaient probablement mourir, ils le voulaient même, pour être des putains de martyres et que leurs frères soient fiers et continuent le combat. Ces gens là ne sont pas des musulmans. Ce ne sont que des ignorants perdus qui se contentent de suivre des pseudos commandements religieux qui n'existent que dans la tête de ceux qui leur ont bourré le crâne de toutes ces conneries abjectes.
Ce qui me révolte le plus dans toutes ces saloperies c'est qu'ils doivent bien se rendre compte qu'ils ont le monde entier contre eux et qu'ils ne sont qu'une tooooute petite minorité à voir les choses comme ils les voient, non ? Vous allez pas me faire croire que dans le lot y en a pas un seul qu'est pas un peu moins con que les autres et qui se dit "Ouais, non les gars moi je vous le dis, ça pue grave cette histoire, je sais pas si on est pas en train de se faire enfiler en même temps que les 72 vierges là...". Mais non. Ou alors ils les tuent eux-mêmes ? Au cas où, on sait jamais t'sais, le mec pourrait aller balancer ce qu'il a entendu, ils seraient dans la grosse merdasse après, ça foutrait le bordel, tout ça...


Alors ce soir je suis Catholique, Musulmane, Juive, Bouddhiste, Agnostique, Athée, Black, Blanche, Beur...
Je suis Frédéric Boisseau, Franck Brinsolaro, Cabu, Elsa Cayat, Charb, Honoré, Bernard Maris, Ahmed Merabet, Mustapha Ourrad, Michel Renaud, Tignous, Wolinski, Clarissa Jean-Philippe, Philippe Braham, Yohan Cohen, Yoav Hattab, François-Michel Saada...
Je suis Nous, je suis Vous...


lundi 24 novembre 2014

Mouton ? Non, Besson.

Bonsoir à tous !
Je suis de retour de ma petite aventure éloignée de toute civilisation et l'actualité de ces derniers jours me donne un sacré coup de main quant au sujet de ce nouvel article. Je voulais en parler depuis un moment et puisque la polémique revient sur le devant de la scène, c'est l'occasion à ne pas rater.

Il nous a fait rêver avec les dauphins, il nous a fait patiner dans les couloirs du métro, il nous a fait visiter New-York, il nous a emmener aux origines de la vie... Il, c'est Luc Besson.

Le "problème" avec Luc Besson, c'est qu'il fait partie de cette catégorie de personnes qui divisent les gens : soit on l'adore, soit on le déteste et chacun y va de ses réflexions et arguments pour essayer de justifier son choix à la partie adverse.
En tant qu'auteure de ce blog j'essaierais de présenter les choses de la façon la plus neutre possible, mais je me dois tout de même de vous prévenir que je me place dans le camp des "on l'adore" et c'est d'ailleurs pour ça que cet article m'importe beaucoup. Pas seulement vis à vis de Luc Besson lui-même, mais de tout ce que ça peut brasser autour.
Car Luc Besson ce n'est pas seulement Luc Besson. Il y a ceux qui aiment son travail mais pas l'homme derrière, ceux qui aiment l'homme mais n'apprécient pas forcément son travail, bref, c'est un vrai casse-tête chinois. Mais comme on ne peut pas toujours contenter tout le monde, j'ai fini par me dire que finalement, quoiqu'on fasse, il y aura toujours des chieurs pour chercher la petite bête et dénigrer ce qu'on fait ou ce qu'on est.

Luc Besson, c'est un peu la tête de turc de ces gens là. Et à bien y réfléchir, malheureusement, je crois que je ne pourrais pas rester neutre face à cette situation. Non. Je ne peux pas rester neutre face à ce que j'appellerais "la misère française de l'hypocrisie et de la jalousie". Car oui, je vous le dis sans détour, quand je vois ce genre de comportements je suis plus souvent honteuse d'être française que je n'en suis fière. J'avoue ne pas réussir à comprendre cette haine que certains lui portent. J'avoue ne pas réussir à comprendre que les gens ne puissent pas voir les choses telles qu'elles sont en réalité...
Oh non, bien-sûr, suis-je bête. En fait je le comprends très bien. Je le comprends parce que je côtoie tous les jours des gens qui se complaisent dans leur vie sans vouloir chercher plus loin et qui crachent sur ceux qui font ce qu'il faut pour réussir. Elle est là la réalité française. Cette jalousie constante et sous-jacente de ceux qui n'osent pas et n'oseront probablement jamais pendant que d'autres foncent. Et on leur en veut pour ça. On leur en veut de vivre cette vie que l'on ne fait que rêver sans essayer de la rendre réelle. On leur en veut pour leur réussite, pour leur argent, parce qu'ils sont partis dans un autre pays pour y arriver et qu'ils reviennent victorieux en nous ayant lâchement abandonnés.

Luc Besson représente tout ça. Il est parti aux Etats-Unis car la France ne lui permettait pas de réaliser ses rêves. Ou en tout cas pas de la façon dont lui voulait les voir se réaliser. Il a réussi à avancer comme il l'entendait. Et Ô, comble de l'histoire, il a même réussi à gagner de l'argent grâce à ça ! Non mais vous rendez-vous compte ? Quelle hérésie !
A l'heure où les français se plaignent du statut des Intermittents du spectacle et souhaitent qu'on revoit le système, on déteste autant ceux qui n'ont pas d'argent que ceux qui en ont.
Mais faudrait voir à vous réveiller un peu les gars. Et comme je suis super sympa, je vous fais même un petit topo rapide pour vous y aider :
Le mec s'en prend plein la gueule depuis des années pour tout un tas de raisons diverses et variées parfois plus connes les unes que les autres et pourtant, au lieu de se dire "Non mais de toute façon les français sont cons, je vais les laisser pourrir dans leur coin et faire ma vie", il revient en France et nous sort de terre La Cité du Cinéma pour essayer de rebooster le Cinéma Français que tout le monde descend plus bas que les racines des pissenlits depuis des années (et là dessus, personne ne me contredira...). Et il assume. Et on continue de lui en mettre plein les dents pendant que lui les serre pour faire vivre son truc parce que ça lui tient à cœur et qu'il voulait le faire depuis longtemps.
Et vous trouvez ça normal ? Moi ce que j'aurai trouvé normal c'est qu'il se casse pour de bon en nous laissant dans notre connerie. Ou plutôt VOTRE connerie. Parce que pour ma part, je le vis très bien et si j'avais été à sa place j'aurais probablement fait la même chose.
Mais visiblement il y a dû y avoir un soucis lors de ma conception puisqu'il semblerait que je ne sois pas foutue comme le français lambda. Et ça me va très bien. Même plus que très bien. La normalité m'agace, elle m'énerverait presque. Je n'en plus de ces conversations sans fin et vides de sens dans lesquelles les personnes qui se permettent de juger les décisions des autres sont celles, qui en règle générale, prendront rarement de réelles décisions pour leur propre vie tout en accusant le voisin de ne pas vouloir faire partie du troupeau. Moutons ? Gar(d)e à vous !

Si vous faites partie de ces moules brisés, je suis ravie que vous ayez lu ces quelques lignes. Si vous faites partie des autres, j'espère que j'aurai réussi à vous montrer la situation sous un nouvel angle et que même si vous n'êtes toujours pas convaincus, vous y réfléchirez un peu.


Passez une bonne nuit !

NB : J'ai volontairement décidé de ne pas parler des débats, plaintes et autres actions en justice qui plombent ce beau projet qu'est La Cité du Cinéma. Je n'en sais pas assez pour me faire un avis, et quand bien même ce serait le cas, ce n'est pas ce qui m'intéressait ici.

jeudi 6 novembre 2014

La petite mort du Cinéma Français.

Eh oui, il est loin le temps de ce que l'on a appelé "la nouvelle vague".
Cela dit, pas si loin, puisque ce qui nous arrive aujourd'hui tous les mercredis dans les salles obscures n'en est que la suite logique. On a tellement "kiffé" cette fameuse vague qu'on en voit plus que des dérivés.
Quelle tristesse. Quel désespoir. J'en pleurerais presque (d'ailleurs des fois ça m'arrive).
Je vous vois déjà monter sur vos grands chevaux "Mais non, on sait faire des trucs bien qui s'exportent, blablabla". Oui ! Je vous dis oui. Mais le problème ce n'est pas ce qu'on fait (enfin si un peu du coup...) mais ce qu'on ne fait pas.
Le Cinéma Français est un cinéma bien franchouillard qui reflète à 200% la personnalité de ceux qui le font vivre : un peu de sérieux voyons, on ne va pas non plus miser du pognon sur un truc que les américains font mieux que nous, et le public n'en voudrait pas de toute façon. SOIT DISANT.
Je dis "soit disant" parce que finalement, personne n'a jamais vraiment tenté le coup. Personne n'a jamais eu envie de prendre ce putain de risque de faire quelque chose de différent "juste une fois pour voir" donc on sait pas bien si on en est capable ou pas et si les gens seraient au rendez-vous.
Moi je pense que oui. On peut le faire. Et largement. Après tout il n'y a pas de raison, on n'est pas plus cons que les autres. Bien au contraire même si l'on en croit tous ces décideurs qui nous martèlent sans cesse les oreilles avec "l'exception culturelle française".
Eh bah moi, elle m'emmerde bien comme il faut l'exception culturelle française. Je vis au 21eme siècle et j'ai beau être une passionnée d'Histoire, j'aimerais bien voir enfin des choses qui vont avec mon époque, et pas que des trucs faits, et refaits, et re-refaits, bref, je vous fais pas un dessin.
Enfin si d'ailleurs, je vous en ai fait un.

Enjoy !