mercredi 22 juillet 2015

He for She.

Quand l’Égalité n'est pas qu'une question de Femmes.

Cela fait un moment que je pensais à faire un billet sur le sujet mais je ne sais pas pourquoi, ça a traîné. Et puis aujourd'hui, un débat sur Twitter a relancé la machine et je me suis dit qu'il était enfin temps.

Si vous avez lu mon article sur les Films de Femmes, vous savez que je ne suis pas particulièrement féministe. Ou du moins, je ne me reconnais pas dans la définition qu'on donne au Féminisme de nos jours que je trouve plutôt péjorative à cause de certaines personnes ou actions et qui a fini par devenir un fourre-tout qui ne veut plus vraiment dire grand chose. En revanche, je suis une HeForShe.

Mais HeForShe, kézako ?


Etre HeForShe c'est tout "simplement" comprendre qu'être un homme ou une femme c'est avant tout être un être humain. Avec les mêmes droits et les mêmes chances. Etre HeForShe c'est se dire que si l'on met les femmes dans des cases, alors les hommes aussi ont les leurs. Car si une femme doit faire ça, un homme ne doit pas le faire, et inversement. Malheureusement, sur notre belle planète, ces idées ont la dent très dure. Non, tous les danseurs et coiffeurs ne sont pas gays et non, toutes les mécaniciennes et plombières n'ont pas pour objectif de castrer les hommes en "leur piquant leur boulot".
On se souvient encore de la polémique sur l'ABCD de l’Égalité que le Gouvernement a voulu mettre en place en 2014. Cela partait d'un bon sentiment et l'initiative était louable. Dommage que la Ministre n'ait pas tenu la barre du navire contre vents et marées et que quelques opposants aient réussi à la dissuader de poursuivre sur cette mer qui aurait pourtant été une magnifique aventure.

Etre HeForShe, c'est réaliser que chacun a le droit de pouvoir être qui et ce qu'il a envie d'être, sans distinction de genre et sans qu'on vienne lui souffler à l'oreille depuis sa plus tendre enfance que le rose c'est pour les filles et le bleu pour les garçons.

Etre HeForShe, finalement, c'est dire aux hommes que se battre aux côtés des femmes pour les libérer de leurs carcans les libèrera eux aussi de ce que la société veut leur imposer depuis des siècles. Un homme, c'est fort et ça ne pleure pas.
Ou pas.



Pour suivre le mouvement :
sur Twitter : @HeForShe
sur Facebook : Page HeForShe
sur le site : HeForShe.org

mercredi 15 juillet 2015

Hadopi par ci, Hadopi par là, Hadopi par ci...

Depuis des années, j'entends tout et n'importe quoi à propos de notre "superbe" loi Hadopi, finalement devenue Hadopi 2.0 pour "revoir" son fonctionnement. Et sans grande surprise, en fait rien n'a changé.

Pour moi, Hadopi est l'exemple le plus parfait et le plus flagrant du mode de fonctionnement de notre pays : Répressions plutôt que Solutions. La France est décidément Reine dans ce domaine. Je n'ai jamais vu un pays mettre autant d'énergie à courir après les gens pour les punir au lieu de chercher des idées pour faire évoluer les choses. C'est à croire que malgré le passage marquant à l'€uro en 2000, les politiques n'ont jamais réellement imprimé qu'on était entrés dans le XXIème siècle, Ère nouvelle du Numérique et de la Mondialisation.

Je ne suis ni pour ni contre cette loi. Je comprends bien que les artistes, producteurs et autres y perdent et que l'argent doit venir de quelque part. Ce qui m’écœure et m'attriste, c'est qu'au lieu de se battre aux côtés d'Hadopi, ils devraient plutôt se battre pour que le Gouvernement trouve des solutions ou même y réfléchir et en proposer eux-mêmes, car après tout, ils sont les premiers concernés. Et Hadopi n'est définitivement PAS la solution aux problèmes. Revoir les délais de diffusions, proposer une offre légale plus fournie, réfléchir à comment récupérer l'argent sans punir... CA, ce serait un bon angle d'attaque. Personnellement, je ne serais pas contre payer 5€ de plus sur mon abonnement Internet tous les mois si je savais qu'un service sérieux centralise tous les téléchargements pour redistribuer au prorata l'argent aux ayants droits et aux détenteurs des serveurs. Si ça pouvait éviter qu'on vienne m'emmerder avec un mail parce que j'ai téléchargé quelque chose (et que mes impôts servent à autre chose de plus constructif que de payer une personne pour envoyer ledit mail)...
Je trouve ça dingue que dans un pays comme le nôtre, qui prône si fièrement ses recherches et innovations technologiques, médicales, sociales, etc. à travers le monde, la politique soit encore un tel merdier archaïque et trop attaché à ses foutues traditions qui ne regarde jamais plus loin que le bout de son nez (ou devrais-je dire que le quinquennat) alors qu'il y a tant à faire.

Aujourd'hui, on consomme la Culture comme on consomme un paquet de Chips. Les fabricants de Chips se sont adaptés, la Culture devra le faire aussi.

mardi 7 juillet 2015

Ekri moua 1 teksto.

"Moi un texto".
Non, c'était pas ça ? Mince, euh... Attendez. Je réfléchis deux minutes et on y revient. Ou alors je ne sais plus lire. Enfin, j'essaie de déchiffrer, quand j'y arrive. Parce que la plupart du temps, j'abandonne avant d'arriver au bout.

Revenons quelques années en arrière, si vous le voulez bien.
Fin des années 90, début des années 2000, le téléphone portable entre dans les foyers français. Comme pour internet, les forfaits ne sont clairement pas avantageux. Limités en temps, en caractères, en nombre d'appels et de SMS, il nous a fallu trouver des subterfuges pour en profiter le plus possible en payant le moins possible. Je me souviens encore de mon vieux Nokia et de ses cartes de rechargement Itineris (non, je vous rassure, je vous capte très bien en ce moment) que j'allais chercher au bureau de tabac.
J'étais une vraie pro en écriture de textos, pas besoin de regarder le clavier, ça se faisait tout seul et je pouvais même vous taper la discut' en même temps. Alors bien-sûr, moi aussi je m'y suis mise à ce fameux "langage sms", pas le choix. Mais heureusement pour nous, tout ceci s'est rapidement démocratisé et tout le monde (ou presque) maintenant a la chance d'avoir un forfait illimité pour tout : appels/sms/internet, bref, la totale.

Ce qui m'amène à ceci : je n'ai jamais réellement compris pourquoi ce langage, impossible pour moi à décrypter à l'heure actuelle tellement les gens imaginent d'orthographes possibles pour des mots pourtant si simples, est encore utilisé de nos jours. Et je n'accepterai pas, mais alors pas du tout l'excuse de "Mé tu kompren ri1, sa fé gagné du tem". Quand on écrit "sa" au lieu de "ça", je vois bien qu'il y a une lacune niveau possessif-démonstratif, mais gagner du temps, non vraiment, je ne vois pas. S'il était encore question de devoir faire attention au nombre de caractères d'un message (excepté Twitter), de devoir faire ça vite parce que la connexion coûte cher ou une quelconque autre raison, passe encore. Mais, sérieusement, vous vous en servez encore d'excuse ? Il n'y a que vous pour croire que c'est valable.

Et dans ces cas là, je me dis "Mais que font les parents ?", et que fait l’Éducation Nationale ? Eh bah, ils font la même chose, tiens ! Tu crois quand même pas que les gamins ont découvert ça tout seuls, ils sont nés avec un forfait illimité dans les mains ! C'est juste convenient comme disent les anglo-saxons. Ça les arrange bien, quoi. A tel point qu'il a même été proposé à un moment d'accepter en partie le langage sms à l'école car les gamins avaient de trop mauvaises notes à cause de leur façon d'écrire. J'ai pensé, en cet instant, que la France avait vraiment touché le fond. Heureusement pour nous, cela n'a jamais été plus loin que la proposition.

Finalement, le langage sms n'est utile qu'à ceux qui ne savent pas écrire français : sa cache lé fotes.

lundi 6 juillet 2015

Poison Présidentiel.

Je termine à peine la dernière page que déjà l'envie d'écrire me prend.
Je ne suis pas une pro de la politique, je ne suis pas non plus "pro-politique", et comme je l'ai déjà avoué il y a quelques semaines, en fait cela ne m'intéresse même pas. Ce qui m'intéresse réellement c'est ce que les gens pensent et osent dire ou non à ce sujet.

Je savais depuis bien longtemps qu'on ne peut pas toujours contenter tout le monde, que s'il n'y a pas de compromis ni de concessions, rien n'avance et je voulais bien faire l'effort de me dire que finalement, les décisions de notre cher Gouvernement devaient être bloquées par telle ou telle raison absolument quelconque. Ce que je ne savais pas, en revanche, c'était à quel point notre Président est puissant et que son élection au suffrage universel ne date en fait que de 1962. Maintenant que je le sais, cela ne fait que renforcer mes idées quant à la façon dont est gérée la France.

Comme le dit si justement Ghislaine Ottenheimer dans son livre, que peut-on attendre d'une Vème République mise en place "à la va-vite" pour répondre à un besoin momentané quand on voit à quel point le monde a changé ces cinquante dernières années ? Je me dis qu'il n'y a bien que nos Politiques pour ne pas s'en rendre compte.
En 2014, Manuel Valls lance fièrement : "Je ne me retrouve pas dans ceux et celles qui proposent de changer nos institutions, le vieux débat du passage à la VIème République, d'enlever des pouvoirs du Président de la République alors que les Français pensent au contraire que c'est la véritable élection qui leur permet de choisir le destin du pays." Et si on se posait cinq minutes, qu'on réfléchissait un coup pour de bon, et qu'on réalisait enfin qu'on nous prend pour des jambons. Mais des gros hein, pas le cuissot du porcelet qui vient de naître, non, le bon gros jambon que vous voyez accroché derrière l'étal de votre boucher le dimanche. "La véritable élection". S'il était complètement honnête, il aurait pu tout aussi bien dire "la seule élection", car soyons sérieux, ce n'est pas comme si on nous proposait une meilleure alternative. Et j'entends déjà d'ici les "Non, et les législatives alors, le Parlement ça compte pour du beurre ?". Eh bien oui, ça compte pour peanuts. Vous pensez encore sérieusement que le Parlement décide de quelque chose ? Que neni. Il a encore son mot à dire sur la question, certes, mais si le Président dit "Non", c'est non, et si le Président dit "Oui", alors c'est oui.

Nous sommes le seul pays qui, sous couvert de république et de démocratie, soit encore en fait une monarchie et l'a toujours été. Un seul homme providentiel, un sauveur, sacrifiant tout pour son pays et qui décide de tout, tout seul, dans sa tour d'ivoire, coupé du monde et des réels problèmes de son peuple, entouré de sa cour satisfaisant ses moindres besoins, désirs et décisions.

Le Roi est mort, vive le Roi.


Poison Présidentiel - Ghislaine Ottenheimer, éditions Albin-Michel, 2015.

jeudi 2 juillet 2015

T'entends-tu quand t'as bu ?

Ou "Le respect des bourrés".

S'il y a bien une chose et une seule qui ne me manquait pas en remettant les pieds à Biarritz, c'est le nombre de décibels qu'une personne alcoolisée est capable de produire. Avec sa bouche, avec les objets qui l'entourent... avec tout.

Le bourré se sent invincible.
Il emmerde tout le monde, dans tous les sens du terme, et au mieux il s'en fout, au pire il ne s'en souvient pas. Parfois même le contraire. On pourrait très logiquement se dire que, habitant dans la rue du commissariat, les gens feraient attention en passant par là, ou mieux, n'y passeraient carrément pas mais non, à ce stade, le bourré n'a plus aucune logique. Ceux qui me font le plus rire sont les potes "respectueux" qui font encore plus de bruit en criant "Chut" que celui à qui ils le disent.

Le bourré n'a pas d'heure.
Qu'il soit 23h ou 4h du matin, tout le monde a le droit de profiter de la discussion. Ce serait dommage de nous en priver, la conversation du bourré est toujours particulièrement intéressante. Et le plus beau spécimen que vous pourrez rencontrer au détour d'une rue est : le bourré en vacances. Car le bourré en vacances se fiche pas mal de savoir si vous travaillez le lendemain ; pour lui, dès lors qu'il a posé le pied sur le sol "touristique", tout le monde est en vacances, alors pourquoi se préoccuper des locaux. Ce n'est pas son problème que vous essayiez de dormir car votre réveil sonne à 7h, vous n'aviez qu'à faire la fête comme lui après tout, l'alcool vous aurait aidé à dormir sur vos deux oreilles.

Le bourré n'a plus de cerveau.
Il vous a réveillé ? Surtout ne tentez pas de lui faire comprendre qu'il devrait baisser le volume car comme nous l'avons dit plus haut, le bourré emmerde tout le monde et vous risqueriez de n'obtenir que l'effet inverse. Il n'arrive déjà plus à se souvenir où il a garé sa voiture (quand il se souvient qu'il est venu avec et en espérant que Sam soit dans le coin) alors analyser correctement ce que vous êtes en train de lui expliquer est bien au delà de ses capacités du moment. Ses instincts primaires le guident, l'homme moderne a disparu, toute notion de respect d'autrui s'est envolée et il ne se sent bien que parmi ses congénères. Un nouveau monde s'ouvre enfin sous ses pieds. Enfin... quand il est encore capable de les mettre l'un devant l'autre.

Mais consolons nous en nous disant que cela ne dure que deux mois sur douze.
On respire un bon coup, et on va se coucher.


Edit : Et comme c'est récurrent, il suffit que j'en parle pour avoir le parfait exemple sous mes fenêtres à 1h30.