lundi 6 juillet 2015

Poison Présidentiel.

Je termine à peine la dernière page que déjà l'envie d'écrire me prend.
Je ne suis pas une pro de la politique, je ne suis pas non plus "pro-politique", et comme je l'ai déjà avoué il y a quelques semaines, en fait cela ne m'intéresse même pas. Ce qui m'intéresse réellement c'est ce que les gens pensent et osent dire ou non à ce sujet.

Je savais depuis bien longtemps qu'on ne peut pas toujours contenter tout le monde, que s'il n'y a pas de compromis ni de concessions, rien n'avance et je voulais bien faire l'effort de me dire que finalement, les décisions de notre cher Gouvernement devaient être bloquées par telle ou telle raison absolument quelconque. Ce que je ne savais pas, en revanche, c'était à quel point notre Président est puissant et que son élection au suffrage universel ne date en fait que de 1962. Maintenant que je le sais, cela ne fait que renforcer mes idées quant à la façon dont est gérée la France.

Comme le dit si justement Ghislaine Ottenheimer dans son livre, que peut-on attendre d'une Vème République mise en place "à la va-vite" pour répondre à un besoin momentané quand on voit à quel point le monde a changé ces cinquante dernières années ? Je me dis qu'il n'y a bien que nos Politiques pour ne pas s'en rendre compte.
En 2014, Manuel Valls lance fièrement : "Je ne me retrouve pas dans ceux et celles qui proposent de changer nos institutions, le vieux débat du passage à la VIème République, d'enlever des pouvoirs du Président de la République alors que les Français pensent au contraire que c'est la véritable élection qui leur permet de choisir le destin du pays." Et si on se posait cinq minutes, qu'on réfléchissait un coup pour de bon, et qu'on réalisait enfin qu'on nous prend pour des jambons. Mais des gros hein, pas le cuissot du porcelet qui vient de naître, non, le bon gros jambon que vous voyez accroché derrière l'étal de votre boucher le dimanche. "La véritable élection". S'il était complètement honnête, il aurait pu tout aussi bien dire "la seule élection", car soyons sérieux, ce n'est pas comme si on nous proposait une meilleure alternative. Et j'entends déjà d'ici les "Non, et les législatives alors, le Parlement ça compte pour du beurre ?". Eh bien oui, ça compte pour peanuts. Vous pensez encore sérieusement que le Parlement décide de quelque chose ? Que neni. Il a encore son mot à dire sur la question, certes, mais si le Président dit "Non", c'est non, et si le Président dit "Oui", alors c'est oui.

Nous sommes le seul pays qui, sous couvert de république et de démocratie, soit encore en fait une monarchie et l'a toujours été. Un seul homme providentiel, un sauveur, sacrifiant tout pour son pays et qui décide de tout, tout seul, dans sa tour d'ivoire, coupé du monde et des réels problèmes de son peuple, entouré de sa cour satisfaisant ses moindres besoins, désirs et décisions.

Le Roi est mort, vive le Roi.


Poison Présidentiel - Ghislaine Ottenheimer, éditions Albin-Michel, 2015.

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