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mercredi 4 avril 2018

Le paradoxe des 10 kilos de trop.

Ou comment quelques kilos peuvent parfois être pire que beaucoup.


"Mais t'es pas "grosse" !".
Non. J'ai simplement dix kilos de trop.

Pour le dire crûment et sans vouloir blesser personne, quand on est gros, on est gros. On le sait, on ne peut pas le cacher. Ca se voit.
Quand on a dix kilos de trop, on est à la limite de ce foutu IMC maximum que les médecins veulent nous faire avaler à toutes les sauces et on est un peu le cul entre deux chaises. On n'est pas mince, mais on n'est pas gros non plus.

Je ne suis pas là pour parler santé ou mal être et je ne voudrais en aucun cas que quelqu'un qui passe par ici et qui se sent mal vis à vis de son poids se dise que je me permets de comparer ce qui n'est pas comparable mais puta*n, dix kilos de trop, c'est la loose.

Ceux qui n'ont pas ce problème ne peuvent pas vraiment comprendre. Avoir dix kilos de trop c'est comme avoir quatre numéros sur cinq au Loto. T'aurais pu gagner le gros lot, mais non. Il t'en manque un. Juste un. T'es content parce que t'as gagné quelque chose et c'est toujours mieux que rien, mais t'as les boules.
C'est un peu ça le quotidien de quelqu'un qui a "juste" dix kilos de trop. Un savoureux mélange de "Bon, quand même, heureusement c'est pas non plus trente kilos" et de "maaaais bordel ça fait chier". C'est le chaud et froid permanent. C'est repérer une petite robe qui va Ô miracle jusqu'à votre taille mais une fois que vous la passer, vous vous rendez bien compte qu'elle rendrait mieux en 38 et qu'être un peu boudinée dedans c'est pas le top du top du glamour.
Parce que c'est ça le problème. Vous êtes ni trop, ni pas assez. Vous êtes au milieu. Vous gravitez dans la sphère du "Ca pourrait être pire, mais ça pourrait être mieux". Quand vous vous habillez vous faites des pieds et des mains pour cacher ce petit ventre ou ces cuisses qui vous dérangent et tout le monde vous dira "Mais non, t'es pas grosse !", mais vous, vous le savez bien qu'en réalité vous avez pas envie de les camoufler ces foutus dix kilos de trop. Au contraire, vous avez envie de pouvoir la mettre cette petite robe qui vous fait de l'oeil ! Et sans vous sentir ridicule parce que ça dépasse un peu ici et là. 
Dix kilos de trop, c'est le poids difficilement assumable. C'est le "petit" bourrelet disgracieux qui fout tout en l'air. C'est avoir accès à un plus large éventail de fringues que les "grandes tailles" mais pas pouvoir porter exactement ce qu'on veut comme on veut quand on veut. C'est se motiver chaque matin pour les perdre et lâcher en cours de route parce que "bon, c'est QUE dix kilos, je suis pas énorme non plus". 


Dix kilos de trop, c'est la minute de cuisson en trop qui rend le caramel amer.

mercredi 14 décembre 2016

Divergente.

Ou quand ta nouvelle conseillère Pôle Emploi, à qui tu viens de faire un point sur ta situation qu'elle ne connaissait pas, conclut par un "Vous avez eu pas mal de divergences quand même".



Si je ne le savais pas déjà, ce serait le genre de phrases qui pourrait me faire me remettre en question "Oui, tiens, c'est vrai ça. Il y a régulièrement un soucis. Mais alors, ça viendrait de moi ?". Or j'ai appris que celui qui a tort n'est pas toujours celui qu'on croit.

Notre éducation, notre culture, notre société, la bienpensance, les principes, la morale... tout dans notre vie est là pour nous rappeler que les choses sont faites en fonction de la majorité. On ne peut décemment pas faire du cas par cas pour sept milliards d'êtres humains. Il est donc entré dans les mœurs que si une personne se retrouve seule face à dix autres, la majorité l'emporte et les dix ont raison. Mais le Code de la Chevalerie nous enseignerait que si une personne est seule face à dix autres, il faut toujours être du côté de celui qui est seul. Comme quoi, selon le point de vue duquel on se place, la situation peut être totalement différente.
On nous enseigne également qu' "Au royaume des aveugles, le borgne est roi". Mais prenez dix cons face à un moins con et il aura juste à fermer sa mouille (Oui, Kaamelott m'inspire aujourd'hui). Car au royaume des aveugles, il n'y a que le borgne pour savoir que les autres sont aveugles, rien ne les oblige donc à le croire. Et comme disait André Dussolier dans Tais toi : "Il faudrait construire des asiles pour les cons. Mais vous imaginez la taille des bâtiments...".

Il a ensuite fallu cocher tout un tas de cases "Oui", "Non", "Besoin", "Appui" et je ne sais trop quoi pour répondre à diverses questions. Quand est arrivé celle sur la communication, elle a fait sa petite popotte elle-même en me disant "Non, ça, vous savez parler". Hm. Ok ? Savoir parler et avoir une bonne communication ce n'est pas la même chose. D'ailleurs, je suis même plutôt pourrie sur le sujet. Soit je m'affirme trop, soit pas assez et mon franc-parler ne plait pas à tout le monde. No balance-girl hello. Mais je le sais, c'est déjà ça.

Alors oui, j'ai eu des divergences d'opinions, des problèmes d'intégration, des difficultés de compréhension de certaines façons de faire qui paraissent pour moi illogiques, des intérêts non partagés... et je dois sûrement me remettre en question sur certains points. Mais pourquoi serais-je la seule en cause ? Pourquoi, sous prétexte que presque partout où je passe les choses dégénèrent, je devrais être la seule tenue pour responsable ?
Je ne me crois ni meilleure ni pire et chacun a ses petits travers. Mais dans une société qui ne fonctionne pas et où la grande majorité fonctionne de la même manière (vous voyez où je veux en venir ?), je ne suis pas certaine qu'il faille à tous les coups blâmer le vilain petit canard pour la mauvaise conduite des autres.

jeudi 17 novembre 2016

Eat. Pray. Love.

Ou le jour où j'ai vraiment compris ce que je voulais faire de ma vie.



Bon, quand même, je le savais déjà un peu hein. Mais parfois il faut pas grand chose pour que le fond fasse surface. Et quand ça vous arrive dans la tronche, c'est comme une énorme claque. Un "Bon sang mais c'est bien-sûr !" qui résonne d'un coup pour ne plus jamais s'arrêter.


Il y a quelques temps j'ai lu que certains chercheurs auraient mis au jour un "gêne du voyage". Il ne m'a pas fallu longtemps pour me dire qu'avec mes origines du nord et du sud combinées et vu mes envies, si cela est vrai, je devais sûrement l'avoir et pas qu'un peu. Car je ne vous parle pas ici d'une simple envie de voir le monde, non. Ca va bien plus loin que ça.
Je me suis souvent demandé pourquoi j'avais l'impression de ne pas être à ma place, pourquoi je sortais rarement de chez moi, pourquoi j'avais rarement envie de voir des gens, pourquoi je me réfugie plus facilement dans la fiction que dans la réalité en regardant les trains passer...
Il y a des choses que l'on cache et que l'on garde pour soi. Il y en a même que l'on garde de soi. Que l'on enfouit très profondément et que l'on ne veut pas s'avouer. Et puis un jour... cela vous bouffe tellement de l'intérieur que cela vous envahit.

Je n'ai absolument aucun ressentiment envers les gens qui me sont proches. Après tout, chacun voit et fait sa vie comme il l'entend. Je comprends que certains n'aient tout simplement pas envie. Qu'une vie "simple", sans se poser trop de questions leur suffise. Ou que d'autres aimeraient mais ne peuvent/n'y arrivent pas pour diverses raisons (comme mon père qui rêve de traverser les Etats-Unis en moto ou de skier au Canada mais qui n'ose déjà pas prendre l'avion pour une heure alors imaginez huit)... J'ai souvent espéré et attendu que les gens m'inspirent. Avec leurs beaux projets, leurs belles paroles, leurs rêves, leurs envies... car je n'avais pas le courage de prendre les décisions, ou alors je me trouvais toujours des excuses. Et puis un jour j'en ai eu marre de les écouter et de ne pas les voir faire et je me suis dit "Merde, c'est plus possible, tu vas pas passer ta vie à faire pareil. Parler, parler, parler...". Et j'ai réalisé que si l'inspiration et le courage ne venaient pas d'ailleurs, il fallait qu'ils viennent de moi, pour moi-même.

Je ne veux pas de cette vie.
Je veux mon Eat Pray Love à moi. Je veux partir. Et revenir le moins souvent possible. Je veux une vie de nomade, un truc de fou, extraordinaire, au gré de mes envies et des projets que la vie me présentera. Je veux écrire, réaliser, aider, voir, entendre, goûter, rencontrer, découvrir, partager... Je veux en prendre plein les yeux et les oreilles. Je veux une vie pleine de vieS. Je veux ETRE plus que d'avoir. Ou si je dois avoir, que ce soit des souvenirs, des images, des rires, des pleurs, des peurs, des passions...
Je veux réussir à mettre de côté ce sentiment persistant de culpabilité de laisser les gens que j'aime derrière pour vivre MA vie non plus en fonction de leur peine mais de la mienne.


Je veux être ailleurs. Chez moi. Partout. Je veux voir le monde. Je veux vivre le monde. Je veux être le monde. Et me dire, à la fin, que même si une vie ne suffit pas, elle aura quand même été bien remplie.

mercredi 27 juillet 2016

Someday.

Monday, Tuesday, Wednesday, Thursday, Friday, Saturday, Sunday...
There is no Someday.



Non. "Un jour" ne fait pas partie des jours de la semaine. "Un jour", c'est Aujourd'hui.
En période de décisions importantes, mes insomnies me reprennent. Les heures défilent plus vite que je ne le voudrais et les cigarettes aussi. Mon cerveau carbure à 300 à l'heure (à peine plus vite que le reste du temps me direz-vous) et mes nuits s'emplissent de questions et d'un besoin irrépressible d'y répondre là, tout de suite, maintenant.

Je suis devenue accro aux vidéos TEDx Talks. Et la liste de mots clés s'allonge de jour en jour. Rêve, passion, talent, dépression, solitude, gifted, dreams, life, purpose... et j'en passe. Je me sens inspirée, motivée, j'apprends des choses, j'en mets d'autres de côté, je fais le tri... Découvrir ces personnalités me fait me découvrir moi-même (un peu plus). Mais pendant que je les regarde, je ne fais rien d'autre que les regarder.
Etre inspirée, c'est bien. S'en inspirer, c'est mieux.
Alors aujourd'hui je voudrais partager avec vous une idée, comme ça, qui a fait son chemin en combinant diverses interventions (merci cerveau).




Oui. Le temps continuera avec ou sans vous. Vous ne pouvez pas l'arrêter, le créer, le modifier. Il est là.
Et vous aussi.

Après toutes ces vidéos, j'en suis arrivée à la conclusion qu'il y a bel et bien une recette pour réaliser ses rêves. "Rêver, oser, travailler, ne pas abandonner" (Xavier Dolan).
Le problème, c'est que c'est souvent l'étape entre "Rêver" et "Oser" qui coince. Cette marche de l'escalier sur laquelle on a peur de mettre le pied, ne sachant pas dans quoi on s'embarque. Mais Bibi a une idée, rappelez-vous, c'est même tout le but de cet article.

MENTIR.
Enfin, pas tout à fait. Mais un peu quand même.
  
Ouais. Un peu quand même. Du moins, au début.
M'voyez, le but c'est de se conditionner. De tromper votre propre cerveau. Quand on vous demande ce que vous faites dans la vie (ce qu'elle est chiante cette question), ne dites plus ce que vous faites mais ce que vous voulez être. Ce truc qui vous anime, que vous crevez d'envie de faire et que vous regretterez toute votre vie si vous ne vous lancez pas "aujourd'hui" (on a dit qu'on rayait "un jour" de la liste de votre vocabulaire). Et j'insiste bien au passage sur Etre et non Faire. Faire, on s'en fout. Tout le monde peut faire quelque chose. Etre, c'est autre chose. Une chose qu'on ressent au fond de soi, qu'on ne sait pas expliquer. Une incarnation, un besoin, un truc viscéral. Etre, c'est répondre à la question Pourquoi avant de répondre à Comment et Quoi. On EST. "Je suis guitariste" en dit plus sur vous que "Je fais de la guitare". N'importe qui avec une guitare plus ou moins accordée, une oreille à peu près musicale et quelques doigts peut gratter 3 accords sur des cordes. Voilà pour l'exemple.

Maintenant pour la suite.
Si vous n'avez jamais suivi votre rêve et que vous vous sentez frustré au quotidien à cause de ça, c'est que vous vous mentez à vous-même (et aux autres par la même occasion, en cachant ce que vous êtes) depuis des années. Pour de mauvaises raisons. Vous ne serez jamais pleinement heureux en suivant une voie qui ne vous convient pas (ou moins). Alors, quitte à mentir, autant le faire pour de bonnes raisons. Et c'est bien là que réside toute l'astuce.
Jusqu'à hier, quand vous parliez de ce que vous faites et non de ce que vous êtes, votre interlocuteur ne devait pas voir souvent cette petite flamme de la passion animer votre regard. Au contraire. Il y a toujours cette petite voix à l'intérieure, à la fin de la réponse, qui nous dit "mais si je pouvais, je ferai autre chose".
Alors à partir d'aujourd'hui, MENTEZ. Le but n'est pas de convaincre à tout prix les autres mais de vous convaincre vous-même. Vous voulez devenir astrophysicien ? Dites que vous êtes en formation pour. Vous voulez devenir chanteur ? Dites que vous l'êtes. Bref, inventez quelque chose en rapport avec ce rêve (oui, il faut le faire avec tout le monde, ceux qui vous connaissent seront peut-être surpris quand ils vous demanderont "alors, qu'est ce tu fais en ce moment ?" mais passées les 90 secondes qu'il faut pour digérer l'information, ils vous poseront des questions bien plus intéressantes).

Voilà, vous avez osé.
Aux yeux du monde, vous êtes ce que vous vouliez être.

Et sans le savoir, vous avez peut-être déjà mis en branle votre destin. Concrétiser un rêve c'est aussi savoir s'entourer des bonnes relations, des gens qui vous soutiendront dans vos démarches NoMatterWhat et cet ami à qui vous n'aviez jamais osé en parler vous présentera peut-être la semaine prochaine LA personne qui changera votre vie, ce dont il n'aurait jamais eu l'idée si vous n'aviez pas abordé le sujet.

Ce qui nous amène à "Travailler" et "Ne pas abandonner". Parce qu'à partir de maintenant, seulement deux choix s'offrent à vous. La petite voix intérieure qui avant vous disait "Si je pouvais, je ferai autre chose" va à présent vous dire "Qu'est ce que je vais bien pouvoir leur raconter la prochaine fois que je vais les croiser ?". Soit vous Travaillez pour faire en sorte que ça arrive vraiment et ne pas avoir à mentir la fois suivante et vous vous forcez vous-même à vous mettre en mouvement, soit vous vous dites "Bon, c'était bien marrant ses conneries à l'autre là mais faudrait voir à redevenir sérieux" et vous décidez d'arrêter là l'expérience.
La troisième option c'est que vous allez continuer de mentir pendant quelques temps avant de réussir à vous convaincre vous-même que vous pouvez le faire. Et dans ce cas, j'espère que vous êtes assez calé sur votre sujet pour tenir la distance (en espérant pour vous qu'elle ne soit pas trop longue tout de même) parce qu'inventer quelque chose de nouveau à chaque fois va vous demander beaucoup d'imagination, de connaissances et de mémoire. Ce serait bête de vous griller tout seul pour un détail oublié qui vous paraissait pourtant si insignifiant.

Et ce serait surtout encore plus bête de gâcher votre énergie à mentir trop longtemps au lieu de la mettre au service de la réalisation réelle de votre rêve.
Alors Rêvez, osez, travaillez et n'abandonnez jamais.


Je suis une Virgule,
et je suis Auteure-Réalisatrice.
 


mercredi 22 juillet 2015

He for She.

Quand l’Égalité n'est pas qu'une question de Femmes.

Cela fait un moment que je pensais à faire un billet sur le sujet mais je ne sais pas pourquoi, ça a traîné. Et puis aujourd'hui, un débat sur Twitter a relancé la machine et je me suis dit qu'il était enfin temps.

Si vous avez lu mon article sur les Films de Femmes, vous savez que je ne suis pas particulièrement féministe. Ou du moins, je ne me reconnais pas dans la définition qu'on donne au Féminisme de nos jours que je trouve plutôt péjorative à cause de certaines personnes ou actions et qui a fini par devenir un fourre-tout qui ne veut plus vraiment dire grand chose. En revanche, je suis une HeForShe.

Mais HeForShe, kézako ?


Etre HeForShe c'est tout "simplement" comprendre qu'être un homme ou une femme c'est avant tout être un être humain. Avec les mêmes droits et les mêmes chances. Etre HeForShe c'est se dire que si l'on met les femmes dans des cases, alors les hommes aussi ont les leurs. Car si une femme doit faire ça, un homme ne doit pas le faire, et inversement. Malheureusement, sur notre belle planète, ces idées ont la dent très dure. Non, tous les danseurs et coiffeurs ne sont pas gays et non, toutes les mécaniciennes et plombières n'ont pas pour objectif de castrer les hommes en "leur piquant leur boulot".
On se souvient encore de la polémique sur l'ABCD de l’Égalité que le Gouvernement a voulu mettre en place en 2014. Cela partait d'un bon sentiment et l'initiative était louable. Dommage que la Ministre n'ait pas tenu la barre du navire contre vents et marées et que quelques opposants aient réussi à la dissuader de poursuivre sur cette mer qui aurait pourtant été une magnifique aventure.

Etre HeForShe, c'est réaliser que chacun a le droit de pouvoir être qui et ce qu'il a envie d'être, sans distinction de genre et sans qu'on vienne lui souffler à l'oreille depuis sa plus tendre enfance que le rose c'est pour les filles et le bleu pour les garçons.

Etre HeForShe, finalement, c'est dire aux hommes que se battre aux côtés des femmes pour les libérer de leurs carcans les libèrera eux aussi de ce que la société veut leur imposer depuis des siècles. Un homme, c'est fort et ça ne pleure pas.
Ou pas.



Pour suivre le mouvement :
sur Twitter : @HeForShe
sur Facebook : Page HeForShe
sur le site : HeForShe.org

jeudi 2 juillet 2015

T'entends-tu quand t'as bu ?

Ou "Le respect des bourrés".

S'il y a bien une chose et une seule qui ne me manquait pas en remettant les pieds à Biarritz, c'est le nombre de décibels qu'une personne alcoolisée est capable de produire. Avec sa bouche, avec les objets qui l'entourent... avec tout.

Le bourré se sent invincible.
Il emmerde tout le monde, dans tous les sens du terme, et au mieux il s'en fout, au pire il ne s'en souvient pas. Parfois même le contraire. On pourrait très logiquement se dire que, habitant dans la rue du commissariat, les gens feraient attention en passant par là, ou mieux, n'y passeraient carrément pas mais non, à ce stade, le bourré n'a plus aucune logique. Ceux qui me font le plus rire sont les potes "respectueux" qui font encore plus de bruit en criant "Chut" que celui à qui ils le disent.

Le bourré n'a pas d'heure.
Qu'il soit 23h ou 4h du matin, tout le monde a le droit de profiter de la discussion. Ce serait dommage de nous en priver, la conversation du bourré est toujours particulièrement intéressante. Et le plus beau spécimen que vous pourrez rencontrer au détour d'une rue est : le bourré en vacances. Car le bourré en vacances se fiche pas mal de savoir si vous travaillez le lendemain ; pour lui, dès lors qu'il a posé le pied sur le sol "touristique", tout le monde est en vacances, alors pourquoi se préoccuper des locaux. Ce n'est pas son problème que vous essayiez de dormir car votre réveil sonne à 7h, vous n'aviez qu'à faire la fête comme lui après tout, l'alcool vous aurait aidé à dormir sur vos deux oreilles.

Le bourré n'a plus de cerveau.
Il vous a réveillé ? Surtout ne tentez pas de lui faire comprendre qu'il devrait baisser le volume car comme nous l'avons dit plus haut, le bourré emmerde tout le monde et vous risqueriez de n'obtenir que l'effet inverse. Il n'arrive déjà plus à se souvenir où il a garé sa voiture (quand il se souvient qu'il est venu avec et en espérant que Sam soit dans le coin) alors analyser correctement ce que vous êtes en train de lui expliquer est bien au delà de ses capacités du moment. Ses instincts primaires le guident, l'homme moderne a disparu, toute notion de respect d'autrui s'est envolée et il ne se sent bien que parmi ses congénères. Un nouveau monde s'ouvre enfin sous ses pieds. Enfin... quand il est encore capable de les mettre l'un devant l'autre.

Mais consolons nous en nous disant que cela ne dure que deux mois sur douze.
On respire un bon coup, et on va se coucher.


Edit : Et comme c'est récurrent, il suffit que j'en parle pour avoir le parfait exemple sous mes fenêtres à 1h30.

 

jeudi 25 juin 2015

Françaises, Français.

Je vous ai...

Non, je ne vous comprend plus. Ou plutôt : je vous comprend trop bien et c'est ce qui me fait peur. Je ne sais plus dans quel pays je vis et pourtant les gens ne changent pas. C'est peut être là qu'est justement le problème.

Je ne supporte plus cet air supérieur que l'on veut bien se donner tout en se plaignant de tout, tout le temps, comme si c'était toujours aux autres de faire le boulot. Finalement, il y a pire que la procrastination, il y a cette manie insupportable de dire "A quoi ça sert que je le fasse si personne d'autre ne le fait ?" qui nous pousse à ne rien faire du tout. Même pas demain, même pas dans un mois, jamais, sans pour autant remettre en question nos douces plaintes perpétuelles.

La France se prend trop au sérieux. Il y a une phrase qui dit : "Ne rêve pas ta vie mais vis tes rêves". En France ce serait plutôt "Oublie tes rêves et s'il te plait, s'il te plaît, sois un gentil petit mouton normal."

"Je suis Charlie" a du plomb dans l'aile, les Taxis fracassent les Ubers, le Gouvernement passe des réformes en force, le Vote obligatoire est remis sur la table, le chômage augmente, le niveau de vie baisse, les marchands de sommeil arnaquent toujours plus, des rêves et des projets sont brisés dans l’œuf, les syndicats foutent le bordel, les grévistes sont dans la rue...
Les sondages annoncent continuellement que les Français ne croient plus en leurs politiques et pourtant, dans un paradoxe que je ne m'explique pas bien, ils attendent que le Gouvernement fasse tout à leur place.
Ah mais non, bien sûr, excusez moi... je n'avais pas compris que c'était pour avoir d'autres bonnes raisons de se plaindre par la suite.

Quand va-t-on enfin se réveiller et comprendre que s'ils ne nous écoutent pas, il arrivera bien un moment où il faudra les forcer à nous écouter ?
Mais encore une fois... Si personne ne le fait, pourquoi le ferais-je ?

vendredi 19 juin 2015

Procrastiner.

Ce terme tout moche qui en fait veut simplement dire que votre mot préféré/détesté n'est autre que : demain. 


Aaaah, la procrastination... cet art qui nous aide à toujours tout remettre à plus tard. N'est-ce pas magique ? Maintenant, quand on vous dira "Arrête de glander", vous pourrez répondre "Je ne glande pas, je procrastine". Oui, c'est barbare, mais c'est plus classe.

Souvent surnommés "les retardataires chroniques" et contrairement à ce que l'on pourrait croire, les procrastinateurs ne sont pas des gens qui ne font rien, bien au contraire. Le problème en lui-même n'étant pas de faire quelque chose tout court mais bel et bien quelque chose d'obligatoire dans un délai imparti, ils sont champions dans l'art de se rappeler qu'ils ont oublié ci ou ça et tous les prétextes deviennent bons pour faire autre chose que ce qu'ils ont à faire. Et d'ailleurs, pour en revenir au "glandage" de l'introduction, se poser des questions existentielles et réfléchir sur la vie au moment le plus inapproprié en fait également partie car ne rien faire conduit souvent à laisser son cerveau vagabonder...

Certaines personnes le vivent bien, elles en ont même fait leur mode de fonctionnement car l'urgence les rend plus productives.
D'autres, en revanche (et c'est sur ceux là que je souhaite attirer votre attention) se laissent happer par  un rythme dans lequel ils s'embourbent et bien souvent, la dépression n'est pas loin (voire même déjà là). Si vous connaissez des gens dans ce cas, vouloir les forcer à faire les choses ne fera que les enfermer un peu plus dans leur mal-être. Alors aidez les, vous ne pourrez que leur rendre service.


Sur ce, je vais aller me coucher. Et pour le reste... On verra demain.

lundi 8 juin 2015

No Kid-ding.

Une question me traverse l'esprit de plus en plus souvent depuis quelques temps. Et comme je n'aime pas tellement les questions sans réponses, j'ai cherché, cherché et encore cherché. Au fond de moi, sur la toile, à la télé, bref, partout où je pensais pouvoir trouver quelque chose.
D'après ce que j'ai pu lire et voir, et en y réfléchissant réellement moi même, le sujet reste encore très tabou et les idées reçues peuvent parfois être d'une violence sans nom.

Avoir ou non des enfants ?

J'ai commencé à y penser le jour où j'ai réalisé qu'ayant seulement quelques mois d'écart avec ma meilleure amie, je ne suivais absolument pas le même chemin qu'elle. Elle, c'est Maison-Mariage-Enfants, alors que je serais plutôt Voyages-NoWayMariage-Enf...quoi?. Non pas que la différence me dérange (oserais-je même dire "au contraire" ?) mais il arrive un moment dans la vie où on commence à se demander où on sera dans quelques années et quand j'essaie de visualiser les choses, je ne vois pas d'enfant dans le tableau (un petit calembour rapide me permettrait même d'aller jusqu'à dire que je ne peux pas les voir en peinture, ha-ha.) Non, je n'en vois pas.

C'est marrant de réaliser que jusqu'alors je ne m'étais même pas demandé si j'en aurais ou pas, cela paraissait naturel et dans l'ordre des choses, pas le genre de questions qu'on se pose quoi. Et puis finalement, quand on y pense vraiment... Pourquoi ?

Au gré de mes recherches sur le sujet, j'ai lu un sondage datant d'il y a quelques années et parlant de ce que représente un enfant aux yeux des gens qui en ont et ce qu'ils pensent de ceux qui n'en ont pas. Il en ressort que les parents estiment qu'un enfant apporte de l'amour, de la joie, permet de ne pas vieillir seul (et j'en passe) et que les non-parents ne sont donc que des égoïstes incapables d'aimer et d'accepter de prendre des responsabilités et qu'ils ne pensent pas aux pauvres couples qui ne peuvent pas en avoir.
Je ne sais pas si mon esprit si critique me fait voir les choses autrement mais leurs réponses me laissent un goût amer car les seuls égoïstes que je vois dans l'histoire, ce sont eux.
Qu'on ne vienne pas me parler d'instinct maternel/paternel quand on sait que l'homme est sûrement le seul animal sur Terre qui n'en a absolument aucun. Tout s'apprend. Et si cela s'apprend, ce n'est pas inné. Et si ce n'est pas inné, ce n'est pas un instinct. Qu'on me raconte que c'est naturel d'aimer, de s'occuper et de protéger ses enfants pour la plus part des gens, à la rigueur, je peux l'accepter; et encore, avec un énorme bémol, car quand on voit comment certains parents traitent leurs enfants, on se dit qu'ils auraient mieux fait de ne pas en avoir... (d'ailleurs, dans ces cas là, ça ne choque personne de le dire ouvertement, mais quand c'est un choix, bizarrement, c'est une autre histoire). Il ne faut pas se mentir : le seul instinct que l'on ait réellement, c'est celui de faire des enfants, précédés par des milliers d'années d'évolution qui nous poussent à continuer de perpétuer notre race. Le voilà ce foutu instinct maternel/paternel : faire des gosses juste pour faire des gosses parce que c'est comme ça que la société avance (ou pas d'ailleurs). Le seul point qui me console un peu c'est que les études montrent que les couples attendent de plus en plus avant de faire des enfants, ils réfléchissent au "bon moment"; et c'est pas plus mal, au lieu de se jeter à corps perdu dans la procréation simplement parce qu'il faut le faire.

De l'autre côté, les No-Kid (ou Childfree) font une réponse qui me plaît beaucoup : "On ne vous demande pas pourquoi vous avez voulu avoir des enfants alors ne nous demandez pas pourquoi nous n'en voulons pas".
Si l'on regarde les chiffres, on constate que la majorité des personnes qui ne veulent pas d'enfants sont souvent celles qui ont fait de hautes études. Attention, cela ne dit pas qu'ils sont forcément plus intelligents que les autres, mais cela amène quand même à se demander si cet enseignement plus poussé ne les a pas ouverts à de nouvelles façons de penser et concevoir la vie.

Si je me pose cette question très sérieusement c'est aussi parce que je pense au futur que je ne serais plus là pour voir et qui, je dois l'avouer, m'obsède un peu. Je regarde le monde aujourd'hui et je ne peux m'empêcher de me dire que nous allons droit dans le mur. Google nous annonce un projet de recherches qui pourrait allonger considérablement l'espérance de vie humaine. Mais que se passera-t-il quand nous serons 10 milliards à vivre plus de 100 ans alors que nous ne sommes même pas capables de permettre à 7 milliards d'âmes de vivre correctement pendant seulement 68 ans ?

lundi 22 décembre 2014

Le Bonheur des autres.

Le Bonheur des autres, c'est le titre du livre que Balthazar Balsan (A. Dupontel) écrit à la fin du film Odette Toulemonde (C. Frot). Et après avoir revu ce film, je ne sais pas si j'ai envie de vous parler de cinéma ou de bonheur. Peut être un peu des deux, puisque pour moi l'un ne va pas sans l'autre.

Vous avez dû vous rendre compte que le Cinéma Français actuel m'exaspère. Je ne dis pas qu'il n'y a pas quelques bons films dans le lot, entendons nous bien, mais je pense sincèrement qu'on pourrait faire mieux. Et je réalise que finalement, quel que soit le pays d'origine d'un film, ce qui m'intéresse vraiment c'est de savoir s'il a quelque chose à dire.
Peut être suis-je un peu trop exigeante, même parfois intolérante vis à vis de certaines choses, je ne le nierai pas, mais il me semble quand même que si on a la chance d'avoir des producteurs et de l'argent à disposition (sachant à quel point c'est difficile) on ne devrait pas faire un film juste parce qu'on peut faire un film. Ce genre ne m'intéresse absolument pas. Pire, il m'attriste.
Je ne parle pas là des films d'Action, Science-Fiction, Thriller, Fantasy, Fantastique et autres genres du Cinéma qui ne sont vus que comme du divertissement et à qui on ne demande pas toujours d'avoir un message de fond (à tort d'ailleurs, même si de temps en temps il faut bien trouver des raisons valables à certains de déconnecter leur cerveau...), mais plutôt de tous ces films potaches qu'on nous sert et ressert à tous les sauces possibles et imaginables (parfois même inimaginables).
Odette Toulemonde pourrait être un de ces films, un peu cucul de prime abord, mais qui finalement se laisse regarder avec plaisir et pose la fameuse question "qu'est ce qui me rend vraiment heureux ?". J'entends et je lis partout depuis quelques années que ma génération Club Do (comme on la décrit souvent en ce moment) et les suivantes semblent vouloir ne travailler qu'à une seule chose : leur bonheur. Plus personne ne veut faire un boulot dans lequel il ne s’épanouira pas et risquer un burn-out pour un truc qui le fait royalement chier (ce qui à mon avis active le processus plutôt qu'autre chose). Oui, nous passons pour des générations de fainéants et les grands de ce monde se demandent ce que nous réserve cet avenir constitué de tout un tas de mains avec des gros poils dedans.
Seulement un boulot ce n'est pas seulement le travail qu'on doit faire, c'est aussi la façon dont on nous le fait faire, le salaire, les collègues, la pénibilité (physique et psychique), les conditions de travail, la hiérarchie, etc et! le chômage. Car oui, l'inconnue x=chômage doit faire partie de l'équation. Comment voulez-vous faire comprendre à des gamins de 15 ans, qui entendent partout autour d'eux en permanence que le pays va mal et qu'il y a 4 millions de chômeurs, qu'il faut quand même qu'ils se bougent le cul pour faire des études histoire de pouvoir espérer, et seulement espérer, qu'à la sortie, s'ils ont la chance de trouver quelque chose, ils pourront peut être prétendre à un meilleur salaire. Ne cherchez pas, vous les avez perdu après "4 millions de chômeurs" et la seule réponse que vous obtiendrez est "A quoi ça sert de faire des études alors que toute façon y'a pas de taf, et puis en plus ils font chier avec leurs diplômes, soit on en a trop soit on en a pas assez et au final ça convient jamais à personne alors autant que je fasse un truc qui me plaît, ça changera pas grand chose".
Finalement, en repensant à mon dernier article, je me dis qu'on est peut être bien un peu tous des artistes. Avant, faire des études vous assurait à 90% d'avoir un travail à la sortie sauf si vous partiez dans des études artistiques. Maintenant bah... on est tous au même niveau, non ? Chercher du travail est devenu un travail. Je dirais même que c'est devenu un Art à part entière vu la créativité dont il faut faire preuve pour être choisi plutôt qu'un autre dans cette jungle désertique.
Eh bien faire du Cinéma, c'est pareil. Si on n'a rien à raconter, on ne sort pas plus du lot qu'un autre. On ne sera qu'un candidat supplémentaire sur la très longue liste du déjà-vu. On nous saluera pour l'effort, on nous remerciera d'être venu, on nous montrera la porte et à peine on l'aura passée qu'on appellera le candidat suivant. Sauf que dans ce cas précis il n'y a pas qu'un seul DRH mais des milliers voire des millions : les spectateurs. Et les spectateurs sont les pires DRH du monde. Certains montreront un peu de sympathie et peut être même de la compassion si on s'est vraiment foiré bien comme il faut mais dans 80% des cas, il ne faut pas se leurrer, on en prendra plein la tronche. Et ce sera normal ! Mais il paraît qu'on apprend de ses erreurs alors...
Il y a une réplique du film The Holiday que j'affectionne particulièrement. Arthur (E. Wallach) dit à Iris (K. Winslet) à peu près ça : "Vous vous cantonnez au rôle de la bonne copine alors que vous devriez être l'héroïne". Eh bien je crois que le bonheur c'est ça : vouloir être le héros de sa propre vie. Ecrire son propre film et avoir plaisir à le regarder quand on se retourne de temps en temps pour le contempler. Et il n'y a rien de mal à ça. Je ne vois pas pourquoi nous devrions nous sentir honteux de vouloir vivre vraiment plutôt que de regarder le temps qui passe. Le problème qui se pose après (et qui est une autre histoire) c'est que certains regardent le temps qui passe en attendant de savoir ce qui les rendra heureux et parfois, ça peut durer longtemps. Toute une vie même.
Il y en aura pour qui le film sera une tragédie et qui ne verront que ce qu'ils ont raté. Mais il faut espérer qu'à côté de ceux là d'autres sauront voir les moments de bonheur qu'ils ont su attraper au vol et qui ont mis un peu de couleurs sur ce tableau qu'ils pensaient si noir.

Pour l'instant, je ne sais pas vraiment à quelle catégorie j'appartiens. Il est difficile de savoir, malgré tout ce qui compose une vie, à quel moment précis on estime que l'on a réussi ou raté et encore plus difficile de savoir ce que l'on met dans la balance pour en arriver à une telle estimation. Malheureusement, découvrir sa propre balance et y mettre ses poids et ses plumes ne peut se faire que quand la fin de la pellicule pointe le bout de son nez et qu'on sait qu'il n'y aura probablement plus rien à mettre dessus...

Et vous, vous tenez quel rôle dans votre scénario ?

vendredi 12 décembre 2014

Artiste.

Il y a dans la nuit quelque chose d'indescriptible. Ce moment où, dans l'obscurité, seul avec vous-même, les ombres qui se dessinent à la lueur de cette unique petite lampe que vous avez laissé allumée vous racontent une histoire. J'aime cet instant. Celui où tout devient possible en une fraction de seconde et où votre imagination prend le pas sur votre raison.

Cette nuit, un seul mot me traverse l'esprit : Artiste. Allez savoir pourquoi. Et d'un coup la question se forme : mais, qu'est ce qu'un artiste ? Certains le sont et pourtant ils n'aiment pas qu'on les nomme de cette façon. Alors je commence à chercher.
Définition du Larousse :

Artiste. Nom, du latin médiéval artista, du latin classique ars, artis, art.
Personne qui exerce professionnellement un des beaux-arts ou, à un niveau supérieur à celui de l'artisanat, un des arts appliqués.
Personne qui a le sens de la beauté et est capable de créer une œuvre d'art.
Personne qui interprète des œuvres théâtrales, cinématographiques, musicales ou chorégraphiques.
Personne qui fait quelque chose avec beaucoup d'habileté, selon les règles de l'art.
Familier : Bon à rien, fantaisiste.
Vieux : Personne dont le mode de vie s'écarte délibérément de celui de la bourgeoisie; non-conformiste, marginal.

C'est bien ce que je pensais. Le mouton noir. Le vilain petit canard. Celui qui ne veut jamais faire comme tout le monde. Le fameux cliché de "l'artiste torturé". Parce qu'il faut bien le reconnaître : il faut être fou pour s'obstiner à vouloir faire les choses autrement. Du coup, une question me taraude : qu'est ce qui fait qu'à un moment donné on se dit qu'on voudrait devenir un artiste ? Tout le monde (ou presque) a un passe-temps ou une passion artistique. Et, durant nos jeunes années, nous avons tous chanté, dansé, dessiné, peint, joué la comédie et bien plus encore. Mais que se passe-t-il quand cette passion devient si forte que vous décidez d'en faire un métier ? Qu'est ce qui fait qu'à un moment précis vous avez le courage de vous dire "merde, moi ma passion c'est toute ma vie (et non pas l'inverse...), je veux pas finir derrière un bureau sous prétexte qu'il faut avoir une situation stable et si j'essaie pas, je m'en voudrais jusqu'à la fin de mes jours" ? Parce que concrètement, il faut pas se mentir, être un artiste c'est ça pour la plus part des gens : une situation précaire pour des milliers de personnes, à qui il faut filer du pognon pour survivre, sur le dos des contribuables bien évidemment. Non mais vous rendez-vous compte ? Choisir délibérément de faire un métier qui ne vous assure pas de manger tous les jours juste parce que soit disant c'est votre passion, quelle drôle d'idée ! Pour avoir déjà débattu et lu sur le sujet plus d'une fois, la réponse la plus répandue est : vous n'avez qu'à faire un autre boulot. Mais bien sûr mon bon monsieur ! Je me suis farci plusieurs années d'études en sachant pertinemment ce qui m'attendait à la sortie juste pour que vous puissiez avoir le plaisir de prononcer cette phrase au moins une fois dans votre vie alors je m'en voudrais de vous gâcher ça en faisant autre chose, m'voyez ?
Parfois, quand je lis ou que j'entends ça, je me demande si les gens qui tiennent ce discours ne sont pas des "artistes contrariés". Vous savez, le genre jaloux qui n'ont pas eu la force d'aller au bout de leurs rêves parce qu'il fallait tout bien faire comme il faut. Et puis en y réfléchissant je me dis que c'est pas plus mal. Parce que s'ils n'ont pas eu le courage de sauter le pas, c'est qu'au final ils n'auraient pas eu la force nécessaire que demande ce combat quotidien et ils auraient probablement fait de piètres éléments.
Mais aujourd'hui Internet a chamboulé tout ça et tout le monde se croit un peu artiste finalement, non ? Car un artiste, avant tout, c'est celui qui n'a pas peur d'avouer ce qu'il pense, qui assume ses principes et ose vivre selon ses convictions quoiqu'on en dise. De nos jours chacun y va de son petit commentaire sur tout, tout le temps. Les gens ne se cachent plus pour cracher tout haut ce qu'avant ils pensaient tout bas et nous emmerdent royalement quand on a le malheur d'y répondre. Tout le monde veut son quart d'heure de célébrité et poste vidéos et photos à tout bout de champs partout où c'est possible, s'étonne quand cela ne fait pas "le buzz" et descend à grand renfort de fautes d'orthographe ceux pour qui cela fonctionne.
Heureusement pour nous, si beaucoup pensent en avoir l'étoffe, peu l'ont réellement. Non, je vous rassure, nous ne sommes pas envahis d'artistes en puissance en devenir, seulement de quelques têtes de gland qui se persuadent eux-même de leur potentiel.

Là où on pourrait aisément imaginer qu'un artiste n'est qu'un être à la spontanéité innée, d'humeur changeante, instable et irréfléchi, on se rend bien souvent compte qu'au contraire l'artiste est dans une recherche et une réflexion permanentes vis-à-vis de tout ce qui l'entoure et de lui même. Il n'y a qu'à voir les horreurs que certains "artistes contemporains" essaient de nous vendre des milliers voire des millions d'Euros en nous expliquant que c'est de l'art et que si on voulait bien se donner la peine d'y voir un peu plus clair on comprendrait que c'est une rébellion face à je ne sais quelle connerie parce que vous comprenez, quand ils étaient petits ils ont vu leur grand mère faire de la confiture et ils se sont rendus compte que c'était ça la vie, la vraie. Hinhin. Non je n'aime pas l'art content-pour-rien et oui je n'ai pas honte de dire que je trouve ça ridicule de vouloir à tout prix nous faire avaler qu'en y mettant un minimum de réflexion aussi débile soit elle on peut faire de l'art avec n'importe quoi juste parce qu'un jour un mec s'est réveillé en se disant "Tiens, si j'empilais des pelures d'oranges. Et si on me demande pourquoi, je trouverais bien quelque chose à leur raconter à tous ces couillons."

Mais alors où sont les vrais artistes dans tout ce bordel ? Il faut aller les chercher. Et eux-mêmes se cherchent. Car c'est ça être un artiste. Se renouveler, se réinventer, se chercher, se trouver, se chercher encore, ne pas se lasser. Ne pas se lasser de soi-même, ne pas se lasser des autres et surtout ne pas lasser les autres. Etre un artiste c'est penser qu'une vie ne suffira pas pour faire tout ce que l'on voudrait faire et se donner chaque jour pour réussir à en faire quand même le maximum.

Etre un Artiste c'est Etre, tout simplement.

jeudi 4 décembre 2014

Time... is it time ?

Dans la vie, je pense qu'il y a deux catégories de personnes : celles qui regardent le temps qui passe en pensant à celui qu'elles ont encore, et celles qui regardent le temps qui passent en pensant à celui déjà passé.
Dans les deux cas, le temps fait peur. Non pas le temps lui-même (quoique) mais le fait qu'il nous rappelle constamment qu'au bout, la mort est inévitable. Et pas seulement notre mort mais la mort en général. Toute chose est vouée à mourir à un moment ou à un autre. Même votre superbe SmartPhone tout neuf que vous venez d'acheter 600€ et qui vous lâchera forcément quand vous vous y attendrez le moins. Parce que qu'est ce que la technologie sans obsolescence programmée ? Alors que pendant ce temps là, dans l'espace, on envoie des sondes et des satellites qui dureront des dizaines d'années, si ce n'est plus.

Mais je m'égare. Le temps.
Il est tour à tour notre ami et notre ennemi. Parfois on s'ennuie parce qu'on en a trop et d'autres fois on voudrait que les journées durent 48h. Mais pourquoi les journées ne dureraient-elles pas 48h ? Parce que qu'est ce que le temps au fond ? Il n'est ni visible, ni palpable, ni même immuable. Il n'est pas le même ici qu'à l'autre bout de la galaxie et, selon Einstein et sa théorie de la relativité, il n'est même pas exactement le même pour vous que pour moi. Le temps a son propre temps.

Pour nous, modestes Terriens, le temps n'est rien de plus qu'une série de chiffres et de nombres qui permettent de quantifier un cycle qui se répète : la Terre tourne, le soleil se lève, le soleil se couche et on recommence. Wouhou, une journée de passée.
Mais sa seule explication scientifique ne suffit pas. Le temps a aussi une dimension philosophique : que vais-je faire du temps qui m'est donné ? On en revient donc aux deux catégories de personnes du début de notre article.
Personnellement, je pense qu'il vaudrait mieux s'en foutre. Car à trop y penser, dans un sens ou dans l'autre, on se pourrit la vie. Mais ça bien sûr, c'est impossible. En plus, il y a des périodes dans une vie où on y pense plus qu'à d'autres. Mais alors qu'est ce qui fait qu'on est ou plus l'un ou plus l'autre ? Notre caractère ? Nos expériences ? Nos envies ? Un peu tout ça à la fois et bien plus encore ? Difficile à dire.
De mon point de vue de presque trentenaire qui se réveille un peu sur le tard, je dirais que oui, c'est un peu tout ça. De ce que nous sommes découle nos envies et la façon dont on va gérer les expériences que la vie nous proposera (j'avais pensé à "infligera" mais le terme est un peu fort, quoique pour certaines personnes se soit effectivement parfois plus une punition qu'autre chose...) afin d'avancer et en même temps, tout cela fait de nous ce que nous sommes.
Personnellement, je fais plutôt partie de la catégorie "temps passé". Bien que, quand je me regarde dans le miroir et que je commence à me dire "Quand je pense qu'il me reste tant d'années et que je repense à toutes celles que j'ai déjà gâché...", je réalise que finalement, tout n'est pas perdu. Car oui, de mon humble avis, il vaut mieux regarder devant que derrière, même si ce n'est pas facile quand on s'est raccroché au passé depuis tant d'années.
Ce qui est paradoxal dans cette histoire c'est que je suis passionnée par la Futurologie et par ce que l'avenir nous apportera mais absolument pas par le mien. Je me demande rarement où je serai ou ce que je ferai dans dix ans. Je sais bien que je serai quelque part et je me prends parfois à rêver mais cela ne détermine absolument pas ce que je fais aujourd'hui. Pourtant mon ambition est grande (très grande même) mais je réalise qu'elle me dépasse, elle n'implique pas que moi. Ce qui rend la tâche d'autant plus compliquée.

On aurait tendance à dire que ceux qui regardent vers le passé fuient l'avenir et vice-versa mais, comme chacun le sait, "on" est un con et je ne crois pas que ce soit si simple que ça. Il n'y a pas que des nostalgiques d'une autre époque et des fous furieux ambitieux. Le tout est de savoir si oui ou non on fuit quelque chose. Comprendre les choses mène au changement, qu'il soit bon ou mauvais et c'est justement souvent ce changement que l'on fuit. Quand on a connu la facilité et que, les années passant, les choses deviennent plus difficiles, on se tourne vers ce temps où les efforts ne faisaient pas encore partie de notre lot quotidien. A contrario, quand les temps passés ont apporté difficulté et souffrance, on aspire à un avenir meilleur (enfin pas toujours me direz vous...).

Voyant les choses sous cet angle, il devient plus facile de concevoir qu'il vaut mieux regarder vers l'avenir plutôt que vers le passé. Avoir peur de l'avenir nous empêche de faire bon nombre de choses. Je pense d'ailleurs que "la peur de l'avenir" est en réalité "la peur de l'échec" et encore plus quand ce que nous voulons faire nous tient particulièrement à cœur. Il est plus difficile de gérer un échec (et donc la suite, l'avenir) quand on se rate sur un projet dont la réussite nous aurait tant apporté. Si on pousse encore plus loin, on peut même estimer que si la chose en question n'est pas tellement importante, on ne le considère pas vraiment comme un échec mais plutôt comme un simple "ratage".
Mais le Temps n'est qu'un concept et la suite ne dépend que de vous. Quoi que vous fassiez il continuera d'avancer avec ou sans vous car le présent n'existe pas. Le temps que vous lisiez ces mots le présent est déjà passé et vous êtes dans le futur par rapport au moment où vous avez commencé à les lire.