Hier, j'ai regardé le Replay de On n'est pas couché car samedi dernier je n'ai eu l'occasion de voir que la fin et moi, ce qui me plait le plus dans cette émission finalement, c'est l'invité politique. Pas que je me fous du reste, non, mais quand même. Quoique pour le coup, Caroline Fourest ne m'a pas non plus laissée sur ma faim niveau Connerie. Et la semaine dernière, l'invitée politique était Elisa Di Méo, candidate sortante du PS à la mairie de Fréjus, ville maintenant Front National.
Je dois vous l'avouer, moi qui suis d'habitude plutôt d'accord avec Léa Salamé, me disant qu'Aymeric Caron a plutôt tendance à chercher la petite bête à côté du sujet au lieu de poser des questions de fond, cette semaine, eh bien c'est le contraire. J'ai été très déçue de voir notre chère Léa en arriver à la conclusion simpliste "Interdisez le Front National" et agréablement surprise d'entendre, à l'inverse, notre Aymeric clamer que justement, cette montée du FN devrait pousser les autres partis à se bouger un peu les miches pas contre le FN, mais pour analyser pourquoi et comment ils en sont arrivés là et surtout quoi proposer aux gens pour leur montrer qu'on s'en tape pas de leur tronche. En gros.
Pour remettre les choses tout de suite dans leur contexte, sachez que je suis une très mauvaise citoyenne puisque, à bientôt 30 ans, je n'ai jamais voté et pire, je ne suis même pas inscrite sur les listes électorales. La Politique politicienne qui pourrit notre pays depuis déjà plusieurs années me passe complètement au dessus de la tête, je n'en ai strictement rien à faire et aussi longtemps que ces gamineries et cette peopolisation de la vie politique continueront, je m'en contreficherai tous les jours un peu plus et qu'on se le dise, ça ne me dérange absolument pas. Quel que soit le parti, depuis dix ans, je n'en vois pas un pour rattraper l'autre et surtout aucun pour prendre de véritables décisions. La France est en ce moment une grande plaie béante qui mériterait un traitement de fond et des points de suture sur laquelle le Gouvernement n'est qu'un tout petit pansement ridicule. Voilà donc pourquoi j'ai du mal à comprendre que Léa Salamé n'ait rien de plus intéressant à dire que "Alors interdisez le FN". En fait, j'en ai marre de ces journalistes qui ne prennent que ce qu'ils veulent dans les réponses des gens sans se donner la peine d'écouter ce qu'ils ont vraiment à dire.
Le 24 avril, Frédéric Taddeï animait le débat "Accueillir toute la misère du monde ?" dans son émission Ce soir (ou jamais !) et il était question d'ouverture et de fermeture des frontières, de l'Afrique, des migrants, etc. et l'un des invités (je ne saurais plus vous dire lequel) a eu une phrase qui m'a fait penser à une autre émission sur laquelle je suis tombée totalement par hasard un jour en zappant. Marine Le Pen était invitée à répondre à des questions posées par des jeunes assis avec elle sur le plateau et j'ai pu assister au parfait exemple de ce que je vous disais plus haut. Cette "chère" Marine, donc, a répondu à une jeune fille d'origine africaine qui racontait avoir un diplôme d'ingénieur, qu'elle était très heureuse pour elle mais qu'elle serait plus utile dans son pays. J'en entends déjà d'ici faire "Booouh, vilaine Marine". Mais si vous vous contentiez de ça, vous n'iriez pas plus loin dans la réflexion que ce pauvre journaliste qui n'a rien trouvé de mieux à répondre que "En gros, vous lui dites que vous ne voulez pas d'elle et qu'elle ferait mieux de partir". Ma première réaction a été "Mais quel gros con. Et sinon, en tant que journaliste, tu peux écouter vraiment ce qu'on te dit et te mettre à réfléchir un peu tout seul aussi ou pas ?". Ce raccourci m'a hérissé le poil et maintenant je vous entends d'avance me huer en lisant la phrase qui suit : elle a raison. Oui, je le redis : elle a raison (enfin pas pour cette jeune fille en particulier puisqu'elle devait avoir la vingtaine donc on est d'accord que son "pays", comme dit Marine, c'est la France, pas de discussion possible là dessus). Et juste pour être sûre qu'on soit bien sur la même longueur d'ondes, ça aurait été n'importe qui à la place de Marine Le Pen ça aurait été pareil, je me fous royalement de savoir de quel parti viennent les idées et les propositions. Mais toujours est il que l'Afrique est à l'heure actuelle le pays avec le plus fort taux de croissance annuel : 20%, quand nous avons du mal à dépasser un seul malheureux petit pourcent. La mondialisation est en marche, qu'on le veuille ou non et il va bien falloir se décider un jour ou l'autre à ouvrir complètement nos frontières pour que des gens qui ont envie d'aider au développement de leur pays ne se retrouvent pas entassés dans des embarcations de fortune pour finir noyés dans la Méditerranée et qu'une fois sur notre sol, ils puissent apprendre et s'enrichir afin de rentrer librement chez eux et dispenser le savoir et les compétences qu'ils auront accumulé sans rien enlever à leurs pays d'accueil, bien au contraire. Car le meilleur moyen de limiter l'immigration n'est il pas de les aider à mieux vivre chez eux ? Et quand bien même nous laisserions ces histoires d'immigration de côté : n'est il pas tout simplement normal que chacun puisse avoir la chance de se sentir bien dans son propre pays ?
Pour être totalement honnête avec vous : le Front National en lui même ne me fait absolument pas peur. Ce qui me fait peur, par contre, c'est de constater avec quelle véhémence les autres partis se font un plaisir de gaspiller leur énergie à vouloir descendre le FN plutôt qu'à essayer de trouver des solutions pour revaloriser le leur. Dans toutes les sociétés il y a du bon dans les extrêmes : pousser ceux du milieu à se remettre en question et à prendre du recul sur leurs propres convictions.
Et j'espère que ces quelques lignes vous auront aidé à faire de même.
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